Libertadores : la mascarade se poursuit

Finale de la Copa Libertadores 2018, acte 3, scène 2. Après les reports et l’annulation suite aux incidents, la CONMEBOL a maintenant annoncé que le match retour se disputera à Santiago Bernabeu, à Madrid. Une décision loin de faire l’unanimité.

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Il y a en premier lieu les hinchas (les vrais) de chaque club et du football sud-américains. Envoyer la Copa Libertadores, du nom des libérateurs du continent, sur les terres espagnoles n’est pas sans laisser quelques-uns insensibles, le terme Copa Conquistadores embrasant les réseaux depuis l’annonce faite par la CONMEBOL cette semaine. Il y a surtout les deux clubs. À commencer par celui qui devait être l’hôte de cette finale, River Plate.

Copa Libertadores 2018 : la Superhonte

Par le biais d’un communiqué de presse publié ce samedi, le club réaffirme son désaccord avec la décision.

« Suite à l’annonce faîte hier par la Confédération sud-américaine de football (CONMEBOL), River Plate confirme son refus au changement de lieu. Le Club soutient que la décision fausse la concurrence, et porte préjudice à ceux qui ont obtenu un billet de même que cela affecte l’équité des conditions suite à la perte de la condition d’hôte.

Ci-dessous, les raisons pour lesquelles River Plate soutient la position énoncée auparavant :

  • La responsabilité de l’échec des opérations de sécurité le samedi 24 novembre, qui se sont déroulées en dehors du périmètre préparé pour l’événement, en plus de la responsabilité publique, ont été ouvertement assumée par les plus hautes autorités de l'État. Cela revient à dire que les événements que River Plate regrette - et pour lesquels il a montré immédiatement sa solidarité - ne relèvent en aucun cas de la responsabilité du club.
  • Plus de 66 000 personnes présentes dans le stade ont attendu patiemment pendant environ huit heures samedi et sont revenues au stade pour la deuxième fois dimanche. Ces mêmes spectateurs se voient désormais refuser - de manière injustifiable - la possibilité d'assister au spectacle, en raison de la différence évidente de coûts et de la distance du lieu choisi.
  • Il est incompréhensible que le clásico le plus important du football argentin ne puisse se dérouler normalement dans le même pays que celui qui accueille au même moment le G20. Le football argentin dans son ensemble et l’Association argentine de football (AFA) ne peuvent et ne doivent pas permettre à une poignée d’actes violents d’entraver le déroulement du Superclásico dans notre pays. »

L’affaire est donc bien loin d’être résolue. D’autant qu’au même moment, Boca Juniors continue le combat dans lequel il est engagé : celui d'obtenir la victoire sur tapis vert. Le club annonce ainsi avoir contracté le cabinet Pintó Ruiz & Del Valle, « l’un des plus prestigieux et reconnus », pour faire valoir ses droits. Boca annonce ainsi dans un communiqué poursuivre ses démarches devant la commission d’appel de la CONMEBOL et menace de recourir au TAS tant qu’il n’aura pas obtenu gain de cause. Pendant ce temps, la CONMEBOL a ouvert les processus d’accréditation pour la finale de Madrid. Une finale prévue dans une semaine. Autant dire que la mascarade va encore nous occuper quelque temps.