Féminines : WPS : Flash back ?

Troisième saison, troisième champion. Après les Sky Blues en 2009, les Gold Pride en 2010, les Western New York Flash remportent la WPS 2011. Reste à savoir si la malédiction s’abattra sur elles.
Championnes en 2010 avec Gold Pride, Marta et Christine Sinclair conservent leur titre avec les Western New York Flash. Meilleure équipe de la saison régulière, la franchise new-yorkaise craignait le pire en finale où elle retrouvait la seule équipe qui l’avait vaincue cette saison (et à deux reprises), son dauphin : Philadelphia Independence.
Devant près de 11 000 spectateurs, soit près du double de l’an passé (nouveau record pour une finale), la meilleure équipe de la saison régulière aura dû avoir recours à la séance de tirs au but pour s’imposer. La faute à une équipe de Philadelphie accrocheuse. Menées au score suite à un but signé Christine Sinclair, les Independence égalisaient à deux minutes du terme de la rencontre grâce à l’internationale Amy Rodriguez. Les prolongations ne donnaient rien, New York réduit à 10 avant se procurant tout de même quelques situations sans jamais trouver la faille.
C’est donc après une terrible séance de tirs au but que New York décrochait son premier titre. Comme l’an passé, Philadelphie termine à la place de finaliste.
Et maintenant ?
Reste désormais la grande question de l’avenir ? Les deux dernières meilleures équipes de la saison régulière ayant disparues, cette question est légitime. La WUSA, à qui la WPS succède, n’avait pas franchi le cap des 3 saisons.
Quatre équipes défuntes plus tard, c’est encore l’incertitude qui demeure et le manque de moyen pose d’énormes problèmes de logistique aux différentes équipes. Comme le rapporte Sports Illustrated, être footballeuse en WPS n’est pas encore glamour. Les joueuses des Flash partagent un immeuble dans Buffalo, les déplacements se font en bus (les Flash ont ainsi mis 8h pour rejoindre Boston avant de disputer leur rencontre !). Les magicJack, dans lesquelles évoluent les stars Solo, Wambach, Rampone, Rapinoe ou Boxx, souffrent de la gestion et des comportements de son propriétaire Dan Borislow (entre menaces par email, licenciements abusifs et autres comportement déviant (lire cet excellent article du Washington Post).
Alors certes, Melanie Fitzgerald reste confiante dans la tenue de la WPS en 2012, mais il faudra faire face à de sacrés défis : améliorer les conditions de vie des filles, conserver ses stars planétaires (le départ de Marta fait partie des rumeurs du moment) et surtout assurer la pérennité de ses clubs (les relations Dan Borislow cité précédemment ligue étant tendues, l’avenir des magicJack demeure incertain) avant de tenter une expansion (la ligue pense à revenir à l’Ouest (on parle de Dallas, Denver et un retour à Los Angeles). Pour cela, il faudra attirer les sponsors. Car si les Nadeshiko ont permis au foot japonais féminin de recevoir plus de subventions de l’état, la WPS doit se démener pour attirer en surfant sur le buzz de la Coupe du Monde.
La qualité est bien là : 36 joueuses de la WPS ont participé à la dernière Coupe du Monde. Les médias commencent à s’y intéresser après l’énorme campagne de la sélection américaine les a placé sous les lumières des médias du monde entier (qui, autre que les habitués de la WPS, connaissait Hope Solo, Alex Morgan ou Amy Wambach avant la Coupe du Monde ?). Pour surfer sur l’engouement, les joueuses stars sont de plus en plus présentes et suivies sur les réseaux sociaux (le meilleur exemple étant la jeune Alex Morgan), tiennent des blogs (exemple Yael Averbuch sur le New York Times – vous pouvez également croiser Yael sur Twitter).
L’enjeu est de taille. Après l’engouement généré par la Coupe du Monde, c’est le moment ou jamais pour le football féminin professionnel aux Etats-Unis.
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