| Lucarne mondiale : Nouvelle-Zélande. |
![]() A moins de 100 jours du début de la prochaine Coupe du Monde, Lucarne Opposée ouvre aujourd’hui sa présentation des équipes qualifiées par l’une des moins connues : les All White néozélandais. S’il fallait élire un petit poucet pour cette Coupe du Monde sud-africaine, la Nouvelle Zélande serait l’un des candidats sérieux. Loin des paillettes du football européen et des fantasmes crées dans nos imaginaires par l’Amérique latine, la Nouvelle-Zélande est une de ces nations où le football tente de percer depuis une plusieurs décennies dans des conditions assez difficiles. Premier épisode de nos lucarnes mondiales, je vous propose aujourd’hui la rencontre avec les kiwis néozélandais.
Avant-propos. Vous allez le découvrir dans ces lignes, la Nouvelle Zélande possède la particularité de compter deux types de clubs de football : des équipes semi-pros disputant un championnat national et les Wellington Phoenix qui eux font parti de la A-league australienne. Ainsi, afin d’aborder le football local par ses deux facettes, j’ai cherché à rencontrer des supporters d’Auckland City (le club phare du championnat local) et des Wellington Phoenix. Malheureusement, la rencontre avec les supporters d’Auckland s’étant mal passée, seul l’entretien avec les supporters des Phoenix sera publié. Cela me permet ainsi de remercier chaleureusement les membres du forum Yellow Fever pour leur accueil et leurs réponses. Je vous laisse découvrir ce dossier. Eléments historiques.
Le destin de l’équipe nationale néozélandaise semble totalement lié au voisin australien. Premier adversaire de l’histoire de l’équipe nationale, plus lourde défaite concédée, grand rival de l’OFC (Confédération d’Océanie) pour les phases qualificatives aux places mondiales mais également lors de l’OFC Nations Cup (4 victoires chacun), l’Australie garde une place à part dans le paysage kiwi. Dans l’ombre du géant australien (désormais membre de la confédération asiatique (AFC)), l’équipe nationale néozélandaise n’a jamais cessé de lutter pour exister. Trois participations à la Coupe des Confédérations avec 9 défaites et 2 buts inscrits, une participation à la Coupe du Monde en 1982 complètent le bilan international des All White. C’est dire l’importance historique qu’est venu donner la qualification des hommes de Ricki Herbert pour la prochaine coupe du monde sud-africaine. Car depuis quelques années, à l’image de ce qu’il s’est produit en Australie, la Nouvelle Zélande tente d’organiser son football local et surtout de le développer. Création d’un championnat semi-professionnel, développement médiatique et couverture télévisuelle, le football kiwi tente d’exister face aux géants que sont le rugby et le criquet. Cette participation au premier mondial africain offre une occasion unique de créer une ferveur sur un vivier de joueurs important (le football étant l’un des sports les plus pratiqué par les jeunes) qui pour l’instant, comme me l’évoquaient certains supporters avec qui j’ai pu dialoguer, préfèrent « glorifier tout ce qui est européen et dénigrer tout ce qui ne l’est pas ». L'entretien. Je suis donc allé à la rencontre des supporters des Wellington Phoenix, exception dans le paysage néozélandais. Les Phoenix sont en effet la seule équipe entièrement professionnelle du pays mais n’a aucun lien avec la fédération néozélandaise : en effet, les Phoenix appartiennent à la A-league membre de la confédération asiatique.
Deuxième Coupe du monde pour les All White, 28 ans plus tard. Que reste-t-il de cette première participation de 82 et avait-elle eu un impact à l’époque ? Colvinator : Je suis trop jeune pour m’en souvenir mais il y a un consensus pour affirmer que le football néozélandais a gâché un grand nombre d’opportunités pour vraiment pousser ce sport (argent mal utilisé…). Actuellement, l’objectif est de ne pas renouveler ces erreurs. Aitkenmike : Dans le même cas que colvinator mais comme lui, j’ai entendu qu’il y avait eu des opportunités gâchées pour faire décoller ce sport. Les choses semblent désormais progresser dans le bon sens depuis deux ans. Espérons que nous allons enfin franchir un palier. Quels sont vos attentes pour cette Coupe du Monde ? N’êtes-vous pas inquiets après la piètre performance durant la Coupe des Confédération ? Loyalgunner : Défaite contre l’Italie, idem face au Paraguay et probablement un match plus serré (et pourquoi pas une victoire) face à la Slovaquie. Nous n’avons pas été bons pendant la Coupe des Confédérations avec le plus mauvais match contre l’Afrique du Sud. Mais on a accroché l’Iraq et juste avant cette compétition, on avait perdu que 4-3 contre les italiens. Colvinator : Pour ma part je ne m’attends pas à ce qu’on prenne le moindre point et j’en connais quelques uns dans ce cas. Après, on sait tous que tout est possible en football. Je ne m’attendais déjà pas à ce qu’on passe le Bahreïn. Ils ont manqué de nombreuses situations et nous avons su saisir notre chance. Espérons refaire le même coup. Il sera crucial pour nous d’être bien en place et le fait de s’entraîner longtemps ensemble devrait y contribuer. Je pense aussi que la Slovaquie sera l’équipe contre qui nous aurons le plus de chances. Je ne les ai pas vraiment vus jouer mais en regardant leurs résultats, il apparaît délicat d’imaginer les passer. Aitkenmike : Je serais déjà heureux avec un point, aux anges avec une victoire. Mais je n’espère pas forcément cela, juste que si nous pouvions éviter de se faire écraser dans nos matchs et essayer de jouer au football plutôt que d’attendre derrière, je serais déjà content. Les habitués de Lucarne Opposée connaissant Shane Smeltz, le meilleur buteur de la A-league. A ses côtés, qui conseilleriez vous de suivre avec attention ? Loyalgunner : Ryan Nelsen, Chris Killen, Winston Reid (s’il se décide à nous rejoindre) et surtout Tim Brown. Colvinator : Nelsen est le joueur qui joue au plus haut niveau (NDLR : le capitaine des All White joue actuellement à Blackburn). Bertos n’est pas au mieux en ce moment avec les Phoenix mais il est intéressant à suivre comme créateur. Wood n’est pas titulaire mais c’est vraiment un bon jeune buteur qui s’est très bien comporté contre le Bahreïn. Ensuite, on devrait subir de nombreux tirs donc Paston notre gardien pourrait bien être de nouveau le héros de l’équipe comme face aux bahreïnis (un penalty arrêté au match retour). Aitkenmike : Comme mes amis. Nelsen est notre meilleur joueur et tout dépendra de comment il pourra aider notre défense à ne pas céder à la panique. Killen est un buteur sous estimé qui n’a pas eu assez de temps de jeu au Celtic. Bertos sera notre principal joueur offensif et comme indiqué, Chris Wood, qui n’a que 17-18 ans et joue à West Bromwich semble avoir quelque chose d’intéressant.
Longtemps, la zone Océanie a été le lieu d’un duel intense avec l’Australie. Celle-ci est désormais partie rejoindre la Confédération Asiatique. Quel impact pour les All White ? Loyalgunner : Le départ de l’Australie nous offre plus de chances de participer à des compétitions mondiales et à plus de Coupe du Monde. S’ils étaient restés, ils auraient pris la plupart des places. D’un autre côté, nous avons désormais moins d’oppositions de très haut niveau.
Colvinator : Le côté positif du départ de l’Australie est de permettre à nos équipes de jeunes de disputer plus de Coupe du Monde puisque l’Océanie dispose d’une place attribuée. Ils auraient souffert pour se qualifier si l’Australie était toujours là. Par exemple, on ne se serait vraisemblablement pas qualifié pour cette Coupe du Monde si on avait du jouer l’Australie pour passer. Aitkenmike : Oui le départ de l’Australie a clairement un impact positif pour nous puisque nous n’avons plus à jouer nos qualifications sur un match aller retour face à eux. Cependant, le fait de rester dans la zone Océanie fait qu’on n’a désormais plus que des matchs peu compétitifs à disputer. Il y a de nombreuses personnes (je m’inclus dans ces personnes) qui aimeraient voir une restructuration du système comme par exemple nous intégrer à l’Asie ou offrir deux places pour l’Océanie aux play-offs asiatiques plutôt qu’un simple barrage. Cet aspect est l’un des points important pour bien comprendre la position du football néozélandais sur l’échiquier mondial. En discutant avec les supporters néozélandais, il en ressort que la proximité de l’Australie n’est pas sans conséquences. Lorsque l’Australie a quitté l’OFC pour l’AFC en 2005, elle obtint l’accord des deux confédérations mais aussi celui de la FIFA au prétexte que ses participations quasi automatiques aux compétitions mondiales par manque de réelle opposition (les néozed ont apprécié) n’étaient pas bénéfiques pour elle. Le problème, c’est que la conséquence directe est d’avoir mis la Nouvelle Zélande exactement dans la même position. Il y a aujourd’hui un grand débat quant à l’avenir de la Nouvelle Zélande dans l’OFC (voire de l’OFC elle-même). La situation déjà ambigüe au niveau des nations est encore plus délicate au niveau des clubs. En effet, nous l’avons évoqué précédemment, la Nouvelle Zélande possède son propre championnat semi-professionnel dont le fer de lance est Auckland City (que vous avez pu découvrir lors du dernier mondial des clubs) mais compte aussi une équipe hybride, les Phoenix de Wellington. Hybride car Wellington représente une ville néozélandaise (et donc appartenant à l’OFC) dans une compétition, la A-league, qui appartient à l’AFC. La situation est totalement ubuesque. Si les Phoenix parvenaient à décrocher un billet pour l’AFC Champion’s league via les play-offs de la A-league actuel (les Phoenix sont actuellement en demi-finale), ils ne seraient pas autorisé à y participer puisqu’appartiennent à un pays membre de l’OFC. Comble de cette situation, le représentant néozélandais lors du dernier mondial des clubs était le représentant du championnat amateur . Car Auckland City avait remporté l’OFC Champion’s league, compétition que les clubs néozélandais survolent par manque de réel adversaire dans cette confédération. C’est donc dans une situation « entre deux chaises » que le football local tente de se développer et semble à un tournant qui pourrait être décisif pour son avenir. Puisse la Coupe du Monde contribuer à aider le football néozélandais à se faire une réelle image et enfin être entendue au plus haut niveau des instances mondiales. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.
Ainsi se conclut notre premier dossier pour la prochaine Coupe du Monde. Je terminerai en remerciant une nouvelle fois les supporters du forum Yellow Fever. Mes déboires récents avec certains de leur compatriotes m'ont montré à quel point cet exercice n'était jamais gagné d'avance. Merci vraiment à eux pour leur accueil et bonne chance à Wellington et à l'équipe nationale. |
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