| Lucarne sur : Dynamo Kiev (2e partie). |
![]() Après avoir abordé les aspects historiques du Dynamo Kiev, intéressons nous désormais aux grandes figures ayant marqué l’histoire du club. Qu’importe le club dont il est question, il existe toujours des hommes dont l’histoire personnelle avec celui-ci a fini par rencontrer la grande histoire du club. A Kiev, ces hommes ont souvent marqué la grande histoire du football européen voire mondial. Si il ne faut retenir que deux noms pour évoquer le Dynamo, alors les noms de Viktor Maslov et Valeriy Lobanovsky iseront ceux la. Impossible en effet de décrire l’impact de ces deux entraîneurs sur le football du Dynamo et, à plus grande échelle sur le football européen et mondial. Lorsqu’il arrive au Dynamo, Maslov n’est pas un inconnu. Alors entraîneur du Torpedo Moscou, il offre à ce club son premier titre de champion et une Coupe d’URSS. Son arrivée va entraîner le Dynamo dans une nouvelle ère, lui offrir un nouveau statu, son départ laissera un héritage sur lequel le Dynamo actuel s’appuie encore (ainsi que de nombreuses équipes européennes). Car Viktor Maslov ne va pas seulement révolutionner le Dynamo, il va révolutionner le football en mettant en place le 4-4-2 moderne et introduisant la notion de pressing. Pour nombre d’observateurs, celui qui était surnommé Grand-père par ses joueurs est surtout le père du football moderne. Il imposa une approche des matchs toute particulière puisqu’il impliquait ses joueurs dans les discussions tactiques (allant même jusqu’à permettre à ses joueurs de refuser un remplacement en cours de match). Cette implication totale et cette culture du football tactique que Maslov a inculqué à ses joueurs a permis au Dynamo de devenir le grand club soviétique des années 60. Son héritage est immense puisqu’encore de nos jours, des entraîneurs comme Guus Hiddink se réclament dignes successeurs à la tête de l’équipe nationale russe et c’est également à lui que l’on doit la naissance des deux grandes écoles des années 70 : l’Ajax et son football total de Rinus Michels et l’école Kiev (par extension l’école russe) de son digne successeur Valeriy Lobanovskyi. Valeriy Lobanovskyi était joueur du Dynamo : doté d’une technique hors norme et excellent dribbleur, le jeune Lobanovskyi était l’un des cadres de l’équipe championne d’URSS en 1961. Lobanovskyi joueur avait une approche particulière du football : il utilisait des approches scientifiques (physiques et mathématiques) afin de continuellement améliorer son jeu et sa technique. C’est ainsi qu’il mit au point les corners tirés en feuille morte. Mais Valeriy Lobanovskyi n’est pas un joueur comme les autres. Alors âgé de 29 ans, il décide de mettre un terme à sa carrière pour devenir entraîneur, sa vocation. Il débute à Dnipro et fait remonter le club dans l’élite pour se classer à la sixième place. En 1973, il revient donc au Dynamo et amène avec lui son ancien coéquipier Oleh Bazilevich. Le tandem s’appuie sur les fondations laissées par Maslov, poursuivant le travail et ajoute une nouvelle approche de l’entraînement, une rigueur scientifique dans l’approche des matchs. Le succès ne tarde pas. Le Dynamo entre dans le gotha européen grâce à Lobanovskyi et ne le quittera plus. L’école Lobanovskyi touchera le monde lorsque celui-ci prendra en charge l’équipe nationale soviétique qu’il conduira en finale du championnat d’Europ 1988 lors d’un duel fabuleux entre les deux héritiers de Maslov (l’URSS de Lobanovskyi rencontrant les Pays-Bas de Michels). Il reviendra ensuite à Kiev pour remporter de nouveaux titres nationaux et une nouvelle Coupe d’Europe puis à partir de 1996 jusqu’à sa disparition pour faire éclore une nouvelle génération qui occupe encore le devant de la scène européenne. En 1997-1998, nombreux sont ceux qui se souviennent de la double humiliation infligée au Barça de Van Gaal. A Kiev, le Dynamo écrase Barcelone 3-0 avant de poursuivre l’humiliation au Camp Nou avec une victoire 4 buts à 0 et une sortie sous les ovations du public catalan. La méthode Lobanovskyi avait de nouveau fait ses preuves. Une nouvelle génération dorée était née. Paroxysme de cette éclosion, la demi-finale de ligue des champions que le Dynamo perdra de justesse face au Bayern l’année suivante après avoir éliminé le tenant du titre : le Real Madrid. Valeriy Lobanovskyi restera l’un des grands entraîneurs du vingtième siècle et son influence aura dépassé toutes les frontières. Il aura passé 20 ans à la tête du club, son héritage est immense, à l’image du monument qui lui est dédié devant le stade qui porte désormais son nom.Au cours des vingt années passées à la tête du club, Lobanovskyi aura fait éclore de nombreux talents. Parmi ces talents, nous retiendrons deux duos qui ont écrasé l’Europe, et, pour trois d’entre eux, décroché un ballon d’or. Le premier grand duo de l’ère Lobanovskyi est le duo Blokhin – Belanov. Oleg Blokhin est un pur produit de l’école du Dynamo. Entré au club à 17 ans, il en deviendra le symbole en étant le meilleur buteur de l’histoire du Dynamo (211 buts en 432 matchs). Sorte de Cruijff à la mode ukrainienne (les deux joueurs possèdent des analogies techniques), il lui succèdera au palmarès du ballon d’or, devenant le premier joueur ukrainien de l’histoire à le recevoir à l’unanimité (120 points sur 130) et à seulement 23 ans (faisant de lui l’un des plus jeune lauréats). Après une carrière de joueur quasi-réservée au Dynamo, Oleg Blokhin prendra les rennes de l’équipe nationale qu’il conduira en Coupe du Monde en 2006 et décrochera une place de quart de finaliste. Vainqueur de la Coupe des Coupes en 1975 au cours de laquelle il marque en finale, il sera le relai parfait entre les deux titres européens du club puisqu’il remportera celle de 1986 (au cours de laquelle il marque de nouveau) avec son compère d’alors, lauréat du ballon d’or la même année : Igor Belanov. Belanov ne fit qu’un passage de quatre saisons à Kiev mais fut le symbole parfait du jeu prôné par Lobanovskyi. Rapide, constamment en mouvement, roi du jeu sans ballon, doté d’une technique en mouvement hors pair, le furet soviétique n’est pas sans rappeler son illustre entraîneur. Il construira son palmarès au cours de ces quatre saisons à Kiev avant de tenter sa chance à l’Ouest sans le succès escompté. Deuxième duo magique, celui de la fin des années 90 qui marqua le grand retour d’un Dynamo désormais ukrainien : Shevchenko – Rebrov. Si le second de ce duo n’a pas eu la suite de carrière du premier, il n’en demeure pas moins que Rebrov restera le grand buteur de ce duo. Arrivé au club en provenance du Shakhtar alors qu’il n’avait que 18 ans, Rebrov va empiler les buts devenant ainsi meilleur buteur de l’histoire de la première division ukrainienne puis meilleur buteur de la Ligue des Champions 1999-2000 (pour un total de 26 buts en 42 matchs lors des 3 saisons de Ligue des Champions au cours desquels le Dynamo explosa à la face de l’Europe). Il ira ensuite tenter sa chance en Angleterre avant de finalement revenir au club dans lequel il est désormais entraîneur de l’équipe réserve. Andriy Shevchenko symbolise à lui seul l’histoire du Dynamo Kiev et apparaît de ce fait comme la conclusion idéale de cet article. A l’image de Blokhin, son idole, Shevchenko est un pur produit de la formation du Dynamo et partage les mêmes caractéristiques techniques et athlétiques. Rapide, puissant, technique, endurant et travailleur, il est à lui seul la synthèse de l’idéal de joueur façonné par Lobanovskyi. Andrei Shevchenko explosera aux yeux de l’Europe en inscrivant un triplé sur le terrain du Barça lors de la victoire 4 – 0 évoquée plus haut avant d’aller briller en Italie où il fera les beaux jours du Milan AC et décrochera le Ballon d’or. Comme un symbole, il ira célébrer son ballon d’or au pied du monument dédié à l’homme auquel il doit tout. Comme un symbole, Andriy est retourné au club de ses débuts pour y terminer sa carrière. Si le Dynamo est le symbole du football ukrainien, Shevchenko est le digne symbole de l’école Lobanovskyi, le trait d’union entre tous ces grands hommes du club que nous venons d’évoquer.Rendez-vous dès ce soir pour le troisième et dernier volet de notre dossier. En attendant, n’hésitez pas à laisser vos commentaires et à partager cet article si vous l’avez apprécié. |
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Lorsqu’il arrive au Dynamo, Maslov n’est pas un inconnu. Alors entraîneur du Torpedo Moscou, il offre à ce club son premier titre de champion et une Coupe d’URSS. Son arrivée va entraîner le Dynamo dans une nouvelle ère, lui offrir un nouveau statu, son départ laissera un héritage sur lequel le Dynamo actuel s’appuie encore (ainsi que de nombreuses équipes européennes). Car Viktor Maslov ne va pas seulement révolutionner le Dynamo, il va révolutionner le football en mettant en place le 4-4-2 moderne et introduisant la notion de pressing. Pour nombre d’observateurs, celui qui était surnommé Grand-père par ses joueurs est surtout le père du football moderne. Il imposa une approche des matchs toute particulière puisqu’il impliquait ses joueurs dans les discussions tactiques (allant même jusqu’à permettre à ses joueurs de refuser un remplacement en cours de match). Cette implication totale et cette culture du football tactique que Maslov a inculqué à ses joueurs a permis au Dynamo de devenir le grand club soviétique des années 60. Son héritage est immense puisqu’encore de nos jours, des entraîneurs comme Guus Hiddink se réclament dignes successeurs à la tête de l’équipe nationale russe et c’est également à lui que l’on doit la naissance des deux grandes écoles des années 70 : l’Ajax et son football total de Rinus Michels et l’école Kiev (par extension l’école russe) de son digne successeur Valeriy Lobanovskyi.
Valeriy Lobanovskyi était joueur du Dynamo : doté d’une technique hors norme et excellent dribbleur, le jeune Lobanovskyi était l’un des cadres de l’équipe championne d’URSS en 1961. Lobanovskyi joueur avait une approche particulière du football : il utilisait des approches scientifiques (physiques et mathématiques) afin de continuellement améliorer son jeu et sa technique. C’est ainsi qu’il mit au point les corners tirés en feuille morte. Mais Valeriy Lobanovskyi n’est pas un joueur comme les autres. Alors âgé de 29 ans, il décide de mettre un terme à sa carrière pour devenir entraîneur, sa vocation. Il débute à Dnipro et fait remonter le club dans l’élite pour se classer à la sixième place. En 1973, il revient donc au Dynamo et amène avec lui son ancien coéquipier Oleh Bazilevich. Le tandem s’appuie sur les fondations laissées par Maslov, poursuivant le travail et ajoute une nouvelle approche de l’entraînement, une rigueur scientifique dans l’approche des matchs. Le succès ne tarde pas. Le Dynamo entre dans le gotha européen grâce à Lobanovskyi et ne le quittera plus. L’école Lobanovskyi touchera le monde lorsque celui-ci prendra en charge l’équipe nationale soviétique qu’il conduira en finale du championnat d’Europ 1988 lors d’un duel fabuleux entre les deux héritiers de Maslov (l’URSS de Lobanovskyi rencontrant les Pays-Bas de Michels). Il reviendra ensuite à Kiev pour remporter de nouveaux titres nationaux et une nouvelle Coupe d’Europe puis à partir de 1996 jusqu’à sa disparition pour faire éclore une nouvelle génération qui occupe encore le devant de la scène européenne. En 1997-1998, nombreux sont ceux qui se souviennent de la double humiliation infligée au Barça de Van Gaal. A Kiev, le Dynamo écrase Barcelone 3-0 avant de poursuivre l’humiliation au Camp Nou avec une victoire 4 buts à 0 et une sortie sous les ovations du public catalan. La méthode Lobanovskyi avait de nouveau fait ses preuves. Une nouvelle génération dorée était née. Paroxysme de cette éclosion, la demi-finale de ligue des champions que le Dynamo perdra de justesse face au Bayern l’année suivante après avoir éliminé le tenant du titre : le Real Madrid. Valeriy Lobanovskyi restera l’un des grands entraîneurs du vingtième siècle et son influence aura dépassé toutes les frontières. Il aura passé 20 ans à la tête du club, son héritage est immense, à l’image du monument qui lui est dédié devant le stade qui porte désormais son nom.
Le premier grand duo de l’ère Lobanovskyi est le duo Blokhin – Belanov. Oleg Blokhin est un pur produit de l’école du Dynamo. Entré au club à 17 ans, il en deviendra le symbole en étant le meilleur buteur de l’histoire du Dynamo (211 buts en 432 matchs). Sorte de Cruijff à la mode ukrainienne (les deux joueurs possèdent des analogies techniques), il lui succèdera au palmarès du ballon d’or, devenant le premier joueur ukrainien de l’histoire à le recevoir à l’unanimité (120 points sur 130) et à seulement 23 ans (faisant de lui l’un des plus jeune lauréats). Après une carrière de joueur quasi-réservée au Dynamo, Oleg Blokhin prendra les rennes de l’équipe nationale qu’il conduira en Coupe du Monde en 2006 et décrochera une place de quart de finaliste. Vainqueur de la Coupe des Coupes en 1975 au cours de laquelle il marque en finale, il sera le relai parfait entre les deux titres européens du club puisqu’il remportera celle de 1986 (au cours de laquelle il marque de nouveau) avec son compère d’alors, lauréat du ballon d’or la même année : Igor Belanov.
Belanov ne fit qu’un passage de quatre saisons à Kiev mais fut le symbole parfait du jeu prôné par Lobanovskyi. Rapide, constamment en mouvement, roi du jeu sans ballon, doté d’une technique en mouvement hors pair, le furet soviétique n’est pas sans rappeler son illustre entraîneur. Il construira son palmarès au cours de ces quatre saisons à Kiev avant de tenter sa chance à l’Ouest sans le succès escompté.
Deuxième duo magique, celui de la fin des années 90 qui marqua le grand retour d’un Dynamo désormais ukrainien : Shevchenko – Rebrov. Si le second de ce duo n’a pas eu la suite de carrière du premier, il n’en demeure pas moins que Rebrov restera le grand buteur de ce duo. Arrivé au club en provenance du Shakhtar alors qu’il n’avait que 18 ans, Rebrov va empiler les buts devenant ainsi meilleur buteur de l’histoire de la première division ukrainienne puis meilleur buteur de la Ligue des Champions 1999-2000 (pour un total de 26 buts en 42 matchs lors des 3 saisons de Ligue des Champions au cours desquels le Dynamo explosa à la face de l’Europe). Il ira ensuite tenter sa chance en Angleterre avant de finalement revenir au club dans lequel il est désormais entraîneur de l’équipe réserve. Andriy Shevchenko symbolise à lui seul l’histoire du Dynamo Kiev et apparaît de ce fait comme la conclusion idéale de cet article.
A l’image de Blokhin, son idole, Shevchenko est un pur produit de la formation du Dynamo et partage les mêmes caractéristiques techniques et athlétiques. Rapide, puissant, technique, endurant et travailleur, il est à lui seul la synthèse de l’idéal de joueur façonné par Lobanovskyi. Andrei Shevchenko explosera aux yeux de l’Europe en inscrivant un triplé sur le terrain du Barça lors de la victoire 4 – 0 évoquée plus haut avant d’aller briller en Italie où il fera les beaux jours du Milan AC et décrochera le Ballon d’or. Comme un symbole, il ira célébrer son ballon d’or au pied du monument dédié à l’homme auquel il doit tout. Comme un symbole, Andriy est retourné au club de ses débuts pour y terminer sa carrière. Si le Dynamo est le symbole du football ukrainien, Shevchenko est le digne symbole de l’école Lobanovskyi, le trait d’union entre tous ces grands hommes du club que nous venons d’évoquer.

