Défaite (1-0) à Blida, la sélection tunisienne fortement remaniée par Alain Giresse (du fait des blessures et de la non-disponibilité des joueurs de l’EST et de l’ESS) a montré différents visages et oscillé entre l’intéressant et le très compliqué. Bilan des satisfactions et des déceptions.

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Les satisfactions

Match amical et équipe expérimentale oblige, avec un sélectionneur encore en phase de prise de connaissance du contexte et de son groupe, l’optimisme incite à considérer les verres à moitié pleins en occultant la partie vide. À cet égard, la Tunisie a montré quatre visages différents dans ce match, dont deux phases au cours de la seconde mi-temps assez positives, avec des transitions offensives intéressantes, une volonté d’aller de l’avant et un apport très encourageant des joueurs de couloir. Néanmoins, la première période jouée en mode « bloc bas » dans une configuration qui rappelle certains matchs des CAN passées ou les Aigles de Carthage assumaient d’abandonner le ballon et l’occupation du terrain n’a pas été probante et a au contraire laissé la qualité technique algérienne transpercer le bloc sur des combinaisons ou exploits individuels trop facilement. De même que la fin de match ou au gré des changements le bloc s’est totalement délité. Deux bons visages, deux visages trop passifs, le match nul est sauvé.

Sur les cas individuels, on retient la confirmation que quand sa concentration est optimale Ferjani Sassi est un excellent régulateur du jeu au milieu, et les prestations volontaires et intéressantes de Drager, Bédoui à droite, et Haddedi à gauche. Respectivement milieu droit et arrière droit, le joueur de Paderborn et le défenseur d’Al Feiha ont été tributaires de la solidité de leur couloir mais aussi proposé plusieurs bons centres, il en a été de même pour le Dijonnais dans le couloir opposé. À un degré moindre, Msakni a illuminé le jeu sur son premier ballon puis proposé de rares éclairs sur les cinquante minutes qu’il a engrangées, mais il a pu être constaté que sa longue blessure n’a pas freiné cet instinct de game-winner sur une action dont la Tunisie ne peut se passer.

Toujours inspirée dans les ratés et les moments de décontraction excessifs quand il s’agit de diffuser un match amical, la TV Nationale Tunisienne a déserté son moment de prédilection (reprendre la retransmission en retard à la mi-temps) et a décidé de frapper d’entrée en privant les téléspectateurs des vingt premières minutes du match. Prestation réussie.

Les déceptions

C’est un peu sévère, parce qu’il est fiable au corps à corps, qu’il a bien joué le coup sur de nombreuses situations algériennes et que ses relances sont propres, mais le défenseur de l’Olympiakos Yassine Meriah finit la rencontre avec un ratio en sa défaveur : pour le pénalty concédé où Mahrez le happe pour forcer le contact, pour les trois occasions ou Bounedjah l’élimine en un contre un, bien qu’il n’ait pas démérité et que son potentiel pour rester à ce poste plusieurs années soit réel, un œil plus exigeant retiendra d’abord les points négatifs.

Conséquence logique de ses bonnes prestations en club au poste d’ailier, l’attaquant Firas Chaouat, titularisé hier au poste d’attaquant de pointe, a perdu tous ses repères. Trop statique et se contentant de mettre son corps en opposition dos au but sur plusieurs ballons, de nombreux contrôles ratés, et surtout deux occasions ratées à cause d’une première touche rédhibitoire, la soirée de mardi est à oublier pour le jeune leader offensif du CSS. Ou dont il faut se rappeler pour peut-être plus souvent pratiquer ce rôle d’attaquant axial et ne pas perdre trop de terrain dans la concurrence avec le 9 de l’Espérance Khenissi car Chaouat sait que sur les ailes la concurrence est nettement plus rude. Match également décevant pour Seifeddine Khaoui qui a envie de bien faire mais a tendance à vouloir absolument forcer sur quelques actions pour enfin se montrer décisif ce qui nuit à ses choix.

Enfin, la faiblesse défensive dramatique sur coup de pied arrêté se poursuit, après le cauchemar du Mondial 2018 dans ce secteur, la persistance du problème en qualifs de la CAN, la Tunisie continue à être en danger sur chaque corner et chaque coup-franc excentré adverses. Pas de coordination sur les courses croisées adverses et donc des joueurs adverses systématiquement démarqués, des sauts à contretemps, des mésententes, autant d’occasions données à l’équipe d’en face de faire mal, et un talon d’Achille qui risque de coûter cher à la CAN comme il a coûté cher en Russie l’été dernier.

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