Ils ne sont plus que huit à prétendre au graal final. Dans un tableau délesté du pays organisateur (l’Égypte) et d’un épouvantail (Maroc) qui sont tous deux tombés de haut, tout reste ouvert, que ce soit pour les favoris restants, les miraculés poussifs ou les euphoriques novices de ce stade avancé de la compétition. Présentation des bras de fer.

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Algérie-Côte d’Ivoire : les certitudes face à des doutes moins vulnérables qu’ils ne paraissent

Ça va finir par devenir un classique. Pour la troisième fois en une décennie, Fennecs et Éléphants croisent le fer en quart de finale de la CAN, après l’homérique come-back algérien de 2010 (3-2 après prolongations alors que la CIV de Vahid menait dans les arrêts de jeu de la seconde mi-temps) et la probante victoire ivoirienne de 2015 (1-3) à deux marches du triomphe pour la bande à Gervinho. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux équipes ne se présentent pas avec les mêmes dispositions : l’Algérie surfe sur la dynamique de ses quatre victoires en autant de rencontres, aussi bien solide derrière qu’incisive devant, forte de plusieurs arguments : un Bounedjah surpuissant, le duo Bennacer-Guedioura qui plane sur le milieu de terrain, Belaïli à la trajectoire inexplicable passé en quatre années d’une potentielle suspension de huit ans pour dopage au rôle de facteur X de son pays à la CAN (en passant par la Ligue 1 qu’il quitte à la surprise générale avant d’y jouer et deux C1 africaines à son tableau de chasse), l’efficacité d’Ounas en contre et en sortie de banc (déjà trois buts à son actif), l’intenable Atal et un Mahrez frais comme un gardon. Les options sont nombreuses, l’impression laissée très bonne jusqu’à maintenant, mais il suffit d’un match raté désormais pour que l’aventure s’arrête. Et aussi perméable qu’elle ait été face aux assauts maliens, la Côte d’Ivoire a montré face à ces mêmes maliens que le manque de réalisme peut être sanctionné en un éclair. Dominé face au Maroc et au Mali, tourmenté par des doutes nés d’une défense poreuse, d’un milieu de terrain incapable de construire et d’une cohorte de solistes (Zaha, Gradel, Pepe, Bony) qui attend les ballons sans agir sur le problème, le double champion d’Afrique 92 et 2015 est encore là, moins vulnérable qu’il n’y paraît car sauvé par les miettes que ces solistes ont pu ramasser face à des équipes plus conciliantes que ne le sera l’Algérie. Quelle Côte d’Ivoire verra-t-on ? Une escouade consciente de ses lacunes qui va essayer de rivaliser dans le jeu ? Ou une victime expiatoire qui va bétonner et compter sur un éclair d’une des décevantes fusées devant pour se sauver une nouvelle fois ? Réponse jeudi après-midi.

Sénégal-Bénin : l’équipe de Dussuyer privera-t-elle un favori du dernier carré ?

Vainqueur par la plus petite des marges (1-0) de l’Ouganda en huitième de finale, le Sénégal aura fort à faire face un adversaire coriace qui a sorti le Maroc à la surprise générale. Ni victorieux ni défaits (quatre scores de parité et une qualification aux tirs aux buts) les Béninois tableront sur la même solidarité qui leur a permis de tenir alors que les Lions de l’Atlas les mettaient sous pression, la menace qu’ils font planer sur coup de pied arrêté, et peut-être sur une nouvelle histoire croisée de pénalty : après Ziyech, qui a trouvé le poteau sur le coup de pied de réparation qui aurait pu sortir les Écureuils, Sadio Mané aura-t-il lui aussi le pied qui tremble, alors que bien que décisif face aux Ougandais, il s’est de nouveau raté à onze mètres du but ? S’il veut faire entrer son année 2019 dans l’histoire, le feu follet de Liverpool devra être au rendez-vous pour emmener ses Lions vers les demi-finales.

Afrique du Sud-Nigeria : affiche serrée

Duel vintage entre les vainqueurs des CAN 94 et 96, et tous les signaux indiquent une issue indécise : l’équipe de Gernot Rohr a jusque-là plutôt agi dans la réaction que dans l’action (succès acquis en fin de match face à la Guinée et au Burundi, coup de sang en seconde période pour repasser d’une courte tête devant le Cameroun) et va surement se méfier d’une Afrique du Sud métamorphosée d’ensemble poussif qui a signé trois non-matchs en phase de poules (et une place de meilleur troisième obtenue à l’arraché) en bloc solide et à la circulation de balle fluide qui a sonné le favori égyptien en huitième. De plus, les deux camps restent sur quatre scores de parité sur leurs cinq derniers affrontements. Les yeux seront naturellement braqués sur les générateurs de frissons du secteur offensif de chaque équipe : Ighalo côté Super Eagles, Tau côté Bafana Bafana.

Tunisie-Madagascar : duel de survivants

Une fois n’est pas coutume, cet habituel affrontement final des compétitions africaines de pétanque oppose à la CAN de football cette fois-ci deux équipes qui se sont fait rejoindre dans les ultimes minutes de leur huitième de finale respectif, mais ont su aller chercher leur billet aux tirs aux buts. La comparaison s’arrête là, tant l’enthousiasme et l’énergie dégagée par des malgaches euphoriques et qui bondissent de surprise en surprise a tranché avec l’inconstance et la stérilité offensive affichés par la Tunisie dans différents compartiments : le poste de gardien de but (Hassen et Ben Mustapha qui ont tous deux fait des boulettes et échangé leurs rôles dans l’ultime coup de poker d’Alain Giresse juste avant la séance de tirs aux buts), un trio Sliti-Msakni-Khazri qui ne trouve pas la synergie offensive, et la bonne recette toujours pas trouvée au milieu de terrain. Reste que contrairement à 2015 la Tunisie n’a pas flanché en prolongations et que les nombreuses carences entrevues ont été compensées par de la combativité : Khazri sur certaines phases, Kechrida mis à mal défensivement mais passeur décisif face au Ghana, Skhiri qui a colmaté tout ce qu’il pouvait devant la défense, Khenissi qui se démène au poste de 9, et un axe central Bronn-Meriah qui globalement a apporté à son secteur les meilleures garanties tous postes confondus sur les quatre rencontres. Suffisant pour éteindre le feu des Bareas qui tous ensemble enchaînent les matchs de leur vie ? Réponse jeudi soir.

Les résumés des huitièmes

Maroc 1 (1) – (4) 1 Bénin

Ouganda 0 – 1 Sénégal

Nigeria 3 – 2 Cameroun

Égypte 0 – 1 Afrique du Sud

Madagascar 2 (4) – (2) 2 RD Congo

Algérie 3 – 0 Guinée

Mali 0 – 1 Côte d'Ivoire

Ghana 1 (4) – 1 (5) Tunisie