Dans une finale où l’enjeu aura pris le pas sur le jeu, les Fennecs se sont imposés par la plus petite des marges (1-0) face des Lions de la Téranga inefficaces offensivement et qui ont réédité leur prestation insuffisante en phase de poules face à ce même adversaire. La bande à Belmadi apporte à l’Algérie sa seconde étoile.

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Un petit but et puis s’en va. Le sort de la finale de la CAN 2019 se sera décidé dans les cinq premières minutes, sur cette frappe de Bounedjah détournée par Sané et dont la trajectoire en cloche s’est conclue dans le petit filet, derrière un Gomis de marbre. Le travail de sape du numéro 9 et sa prise de profondeur ont été récompensés d’entrée, face à une défense centrale bricolée du fait de la suspension de Koulibaly. Et le Sénégal ne s’en est jamais remis.

L’Algérie a déjoué trop tôt puis résisté farouchement

Pourtant, les Verts ont joué avec le feu en ressortant très tôt dans le match la partition jouée dans les vingt dernières minutes contre le Sénégal et en seconde mi-temps contre le Nigeria : le bloc bas et les fautes multiples à 40-45 mètres de leurs buts pour casser le rythme. Pas la meilleure configuration pour avantager un trio Belaïli-Mahrez-Feghouli qui est apparu émoussé, et la perspective de devoir repasser à plus de fluidité et jouer plus haut après de longues minutes de bleu de chauffe en cas d’égalisation. Mais ce but n’est jamais venu, les Algériens ayant réussi à bien alterner sur les auteurs des fautes pour ne pas être sanctionnés (même s’il a fallu calmer Bensebaini et Bounedjah) et en dépit d’un quart d’heure très compliqué en seconde mi-temps durant lequel le bateau a tangué franchement, l’Algérie a su se redonner de l’oxygène au moment où il fallait quand Mahrez a obtenu plusieurs coup-francs puis a accepté de plier sans rompre avec notamment un Benlamri très combatif qui a su transmettre sa rage à ses coéquipiers.

Un Sénégal peu inspiré, galère pour Niang et Sarr

En ce qui concerne les Lions de la Teranga, la leçon du match perdu en phase de poules sur le même score (1-0) n’a pas été retenue. Face à la rugosité non sanctionnée des adversaires, Mané et ses coéquipiers se sont de nouveau énervés et ont perdu le fil de leurs intentions. Le joyau de Liverpool s’est démené dans un couloir ou trop loin du but, et n’a pas été aidé par ses coéquipiers, que ce soit Mbaye Niang, très maladroit et mentalement plombé par cette frappe de loin en première mi-temps qui aurait pu sauver sa CAN mais a fui le cadre, ou Ismaïla Sarr, qui s’est emmêlé les pinceaux fréquemment et a expédié dans les nuages la meilleure occasion sénégalaise en seconde mi-temps. De la même manière que la non-intentionnalité qui a primé pour priver la Tunisie d’un second pénalty face au Sénégal en demi-finale, ce dernier a vu le coup de pied de réparation sifflé dans un premier temps par l’arbitre camerounais Alioum être retiré après visionnage de la main collée au corps de Guedioura.

Que manque-t’il au Sénégal pour enfin être champion ? Un ou deux joueurs dans des postes-clés, et surement cette capacité à marquer même dans des soirs ou la qualité de la prestation n’est pas au rendez-vous. Séduisante à l’entame de la compétition, l’Algérie a su jouer (en se faisant peur) à contretemps de ce premier style attrayant pour avoir cette capacité à concrétiser chaque temps fort en faisant une synthèse parfaite entre talent et abnégation. Un succès mérité fêté devant près de 20 000 fans qui se sont déplacés au Caire par la route, via des vols réguliers et dans des avions militaires et qui repartiront chez eux avec une seconde étoile sur l’écusson.