Alors que le premier huitième de finale a offert émotions et suspense, la deuxième a vu la Tunisie donner une leçon d’intelligence et de discipline tactique à l’un des favoris.

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Au bout de la folie

Le coup d’envoi du premier huitième de finale a directement donné le ton de la soirée. Sans perdre de temps, Boupendza tentait la frappe du rond central pour lancer le Gabon – Burkina Faso qui allait nous procurer de grandes émotions. Les hommes de Patrice Neveu semblaient bien mieux entrés dans le match avant un premier tournant, le débordement d’Issa Kaboré conclu par une faute d’Obissa sanctionnée par l’arbitre marocain de la rencontre. Rien n’était évident, le VAR validait pourtant la décision de l’arbitre central mais, après quatre bonnes minutes de palabres, Bertrand Traoré envoyait sa tentative sur la barre d’Amonome. Le Gabon respirait, ses Panthères pouvaient enfin reprendre leur légère domination. Avant de se faire piéger. Quelques minutes après une énorme double occasion sur corner, les hommes de Patrice Neveu se faisaient contrer : en position d’ailier, Allevinah perdait le ballon, en deux passes, le cuir revenait sur Dango Ouattara qui délivrait un amour de passe de l’extérieur du pied pour envoyer Bertrand Traoré sur orbite. Le capitaine se rachetait ouvrait le score. La course poursuite était lancée. Le Gabon continuait de pousser, sans pour autant se créer de nombreuses occasions, jusqu’à la 41e minute et ce service parfait d’Ecuele-Manga pour Boupendza dont l’enchainement parfait était récompensé d’un but, refusé pour un hors-jeu millimétrique.

Le début de second acte était du même acabit : pression haute et verticalité, les Panthères s’offraient quelques belles situations, mais ne convertissaient pas, s’exposant aux contres des Étalons, bien aidés par l’exclusion un peu stupide d’Obissa. Le dernier quart d’heure basculait dans la folie. Les espaces s’ouvraient, les chevauchées de Bertrand Traoré faisaient mal mais Amonome était infranchissable, gagnant ses duels face au capitaine puis face à Touré et Guira. Le chronomètre défilait, jusqu’à ce corner de la 91e minute et un Bruno Ecuele-Manga qui surgit et pousse Guira au csc. Au bout du temps, le Gabon reprenait vie et nous offrait une prolongation. Deux mi-temps de quinze minutes au cours desquelles la Burkina Faso s’offrait quelques occasions pour faire basculer le match, mais Amonome brillait encore. Ne restait donc qu’une séance de tirs au but, tout aussi folle, conclue après la dix-huitième tentative de la soirée, Ouédraogo envoyant les Étalons en quarts.

Et le piège se referma…

Par Farouk Abdou

Le déplacement à Garoua long de plus d’un millier de kilomètres, vingt-quatre heures de récupération en moins, de nombreux cas de COVID-19, trois renforts tardifs (Khazri, Bronn, Jebali finalement négatifs, mais sur le banc après leur arrivée au dernier moment), et un Nigeria impérial en phase de groupes en face. Mais grâce à un match exemplaire sur le plan tactique, une incroyable solidarité défensive et un exploit individuel de Youssef Msakni, la Tunisie a balayé toutes ces circonstances défavorables et éliminé (1-0) des Super Eagles frustrés et sans solution face à une formation disciplinée qui les a totalement fait déjouer.

Dans un 4-3-3 ne laissant aucun espace grâce au repli des éléments offensifs et une activité héroïque du milieu de terrain, les Aigles de Carthage ont annoncé la couleur d’entrée en engageant l’équipe d’Augustine Eguavoen dans un bras de fer sur un rythme extrêmement lent. Un double volet qui se refermait systématiquement sur Chukwueze et Simon à la moindre tentative d’accélérer et une gestion des décalages bien meilleure que face au Mali ont fait que les Tunisiens ont contenu assez sereinement le Nigeria en première période. Mais à l’autre extrémité du terrain, Msakni et ses coéquipiers n’ont fait qu’une unique incursion en quarante-cinq minutes, dans cette configuration le danger ne pouvait venir que d’un exploit individuel ou de l’impatience nigériane qui pouvait éventuellement baisser la garde sur les transitions et prendre des risques à force de s’impatienter à se heurter à un mur.

Les deux conditions ont été satisfaites en seconde période. Après une manche inaugurale au cours de laquelle ses prises de balle semblaient manquer de punch, sur son premier ballon au retour des vestiaires Youssef Msakni a inventé un exploit dont il a le secret, aussi décisif et aussi spectaculaire que ceux de ses deux coups d’éclat aux CAN 2012 et 2013 contre le Maroc et l’Algérie. Cinq touches de balle, Ndidi effacé et une frappe sur laquelle Okoye se troue. Le premier verrou d’un piège qui semblait se refermer inexorablement sur des Super Eagles déboussolés et réduits à dix après l’expulsion d’Iwobi dès son entrée en jeu pour une faute sur Msakni. Toujours aussi disciplinée pour fermer les espaces, la Tunisie a qui plus est bonifié toutes ses sorties de balle et eu deux occasions de faire le break, sur un contre collectif conclu par une frappe au-dessus d’un Rafiaa trop gourmand, et un tir de Sliti quasiment au même endroit que le but, qui a obligé Okoye à se détendre de tout son long. Offensivement impuissant une majeure partie de la rencontre, le Nigeria aurait pu potentiellement s’en sortir : d’une part sur les bonnes positions de tir dans l’axe dans la zone des vingt - vingt-cinq mètres que Ndidi et Chukwueze n’ont pu convertir, d’autre part sur les deux connections Olayinka-Sadiq dans la profondeur, qui ont surpris l’axe tunisien irréprochable en dehors de ces deux ballons (et le sauvetage de Ben Said). Mais Sadiq n’a pu récupérer le ballon sur la première, et n’a pas cadré sa frappe sur la seconde. Bilan, une déconvenue majeure pour le Nigeria loin de l’impression laissée à l’issue du premier tour, et un match parfait pour la Tunisie qui se hisse en quarts de finale et fera face au Burkina Faso. Ce sera la troisième fois qu’Aigles de Carthage et Étalons croisent le fer à ce stade de la compétition, après les CAN 1998 et 2017, deux confrontations qui avaient tourné à l’avantage des burkinabés.

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Le record de Redouane Jiyed. Quinze cartons jaunes, un rouge. Si le match entre Burkina Faso et Gabon a été spectaculaire, la prestation de l’arbitre marocain Redouane Jiyed a été très remarquée, mais sans aucun doute pour les mauvaises raisons. Avec seize cartons, il établit un nouveau record de l’édition 2021. Mais surtout, son comportement et ses erreurs ont fait parler : du penalty accordé au Burkina Faso en début de match, au hors-jeu totalement fou contre Boupendza à la 92e minute alors que l’attaquant des Panthères partait de son camp, jusqu’à la séance de tirs au but au cours de laquelle il n’a cessé d’apostropher le portier gabonais, allant même jusqu’à lui délivrer un carton jaune pour avoir bougé sur sa ligne.

Intoxication au Cap-Vert. Huit cas de gastro-entérite, donc cinq joueurs. À la veille de défier le Sénégal, la délégation cap-verdienne se voit touchée par une vague d’intoxication alimentaire qui vient ainsi bousculer sa préparation. L’identité des joueurs touchés n’a pas été révélée.

La polémique perdure. L’affaire Aubameyang/Lemina a été l’une des grandes polémiques de la compétition dans le camp gabonais. Tout a été dit sur le départ des deux joueurs, mais jamais on n’avait entendu le discours du sélectionneur. Interrogé par BeIn Sports ce dimanche, Patrice Neveu a ainsi livré sa version. Une version qui laisse entendre bien d’autres choses quant à la manière dont la compétition se déroule au Cameroun : « Ils sont restés longtemps dans leur chambre. Face à ces situations, avec mon président de fédération, on a pris la décision de les libérere compte-rendu de la CAF disait qu’ils ne pouvaient pas jouer pendant trois semaines en raison d’une inflammation du myocarde. Ils sont rentrés dans leurs clubs, ont pris les clichés que la CAF avait effectués et sur la lecture des clichés, il n’y avait absolument rien. C’est très étonnant, les joueurs ont énormément subi ». Nul doute que cette déclaration suscite de nouvelles polémiques.

Avec ou sans gardien. À quelques heures de défier le pays hôte en huitièmes de finale, l’incertitude était grande aux Comores. En cause, la blessure de Ben Boina face au Ghana et surtout deux cas de COVID-19 annoncés pour Ali Ahamada et Moyadh Ousseni. Conséquence, à la veille du choc, Jean-Daniel Padovani annonçait en conférence de presse avoir « choisi un joueur de champ qui débutera comme gardien ». Une histoire folle qui n’aura cependant probablement pas lieu, ce matin, les Cœlacanthes ont ainsi appris qu’Ali Ahamada pourra jouer après avoir été testé négatif. Reste qu’Amir Abdou devra faire sans Kassim Abdallah et Alexis Souahy, les milieux de terrain Nakibou Aboubakari et Yacine Bourhane, et le milieu offensif Mohamed M’Changama

programme

17 heures : Guinée – Gambie

20 heures : Cameroun - Comores

 

 

Photo : PA Images / Icon Sport