En appliquant ses propres valeurs à celles de tout un pays, Gustavo Alfaro n’a pas seulement ramené la fierté au peuple paraguayen, il lui a permis de se reconnecter avec sa sélection.

Il est l’homme des miracles, « le chasseur d’utopies impossibles », titre de son livre revenant sur la campagne éliminatoire qu’il a vécue à la tête d’un Équateur qu’il a ramené en Coupe du Monde. Il est aujourd’hui l’homme qui a redonné vie au Paraguay qui se présente face à la France en huitièmes de finale de la Coupe du Monde. Si les superlatifs ne cessent d’être appliqués à n’importe quelle situation, ces descriptions collent cependant à la peau d’un homme qui a fait du miracle permanent l’histoire de sa vie.

Sacrifice

Gustavo Alfaro nait à Rafaela, dans la province de Santa Fe. Il grandit dans un milieu humble, comme il l’explique au Gráfico en 2015 : « Mon père est parti jeune à Junín pour travailler aux chemins de fer. C’est là qu’il a rencontré ma mère, ils se sont mariés et mes deux frères aînés sont nés. Lorsque les chemins de fer ont été nationalisés, vers 1953 ou 1954, mon père a été élu délégué. Il a battu le candidat péroniste aux élections internes, ce qui lui a valu d’être emprisonné. Quant à ma mère, qui était institutrice en milieu rural, elle a été renvoyée de l’école. Ma mère me racontait qu’on faisait défiler les prisonniers dans la ville, devant tout le monde, et que mon père était parmi eux. C’est à ce moment-là que mon père a décidé de retourner à Rafaela. Il a ouvert un atelier de réparation, puis un magasin, et c’est à cette époque que ma sœur et moi sommes nés. [Sur sa mère] On l’emmenait en voiture par la route jusqu’à une épicerie, puis de là, elle parcourait environ huit kilomètres en charrette sur un chemin de terre. Il y avait des campements indiens et elle donnait des cours aux Indiens, des Toba, je crois ». Son histoire est ainsi celle d’un enfant qui se passionne pour le football et vit une existence tranquille. Jusqu’au premier bouleversement.

« J’allais partir de la maison, j’embrasse ma mère et elle s’effondre. J’avais neuf ans, ma sœur onze. On était désespérés, il n’y avait pas de téléphone. Ils sont venus la chercher pour l’amener à l’hôpital et on apprend qu’elle a un cancer du sein. J’étais à l’école primaire, je lisais un livre d’histoires accompagnées de dessins et il y en avait un dans laquelle une fille avait une mère malade. Le médecin avait dit à son père qu’à l’automne, quand les dernières feuilles des arbres tomberaient, sa mère ne serait plus là. Dans ce livre, l’enfant est allé chercher une pelote de laine et a attaché toutes les feuilles de l’arbre pour qu’elles ne tombent pas. L’automne passe et sa mère vit. C’était aussi l’automne chez nous à ce moment-là. Quand j’ai lu cette histoire, j’ai senti que c’est ce qui arriverait à ma mère. J’ai cherché une pelote de laine qui lui appartenait et je l’ai prise. Ma sœur m’a surprise avec, elle m’a demandé ce que je faisais et je lui ai répondu : “Je veux aller attacher les feuilles des arbres pour que maman ne meure pas”. Et elle s’en est sortie. Ce sont des souvenirs que je garderai toute ma vie. Il ne faut pas les oublier, car elles constituent l’essence même de chacun d’entre nous ». Cette histoire ancre deux convictions chez le jeune Alfaro : la première est que la littérature peut le nourrir, la deuxième est que rien n’est impossible.

Le jeune Alfaro, que l’on surnomme alors Lechuga, la laitue, en raison de ses cheveux bouclés, passe son adolescence dans la dictature, travaille dans l’atelier de son père dès qu’il le peut, décrochant ses premiers salaires – ses parents lui inculquant que rien n’est gratuit et que tout s’acquiert par le travail – et passe le reste de son temps sur les terrains ou à écouter les matchs de Racing à la radio. Sur le rectangle vert, Alfaro est un milieu de terrain positionné devant la défense, le cinco argentin qui passe son temps à donner des consignes et contrôler le jeu. Le football se met quelque peu entre parenthèse lorsqu’il doit aller étudier et rejoindre l’université à Santa Fe pour étudier le génie chimique. Il effectue alors des centaines de kilomètres par jour pour apprendre tout en s’entraînant et en travaillant avec son père au magasin. Alors qu’il est proche de décrocher son diplôme, Alfaro décide de se dédier au football. « Laisse-moi jouer, je pourrais être ingénieur à quarante ans, alors que footballeur, ce sera impossible. C’est mon rêve », dit-il à son père. Gustavo Alfaro joue trois ans au niveau professionnel avec l’équipe première de l’Atlético Rafaela. À vingt-huit ans, il décide d’arrêter. Il reprend un temps ses études, mais lorsqu’on lui propose de diriger l’équipe première, il ne peut refuser. Sa vie sera liée au football.

Faiseur de miracles

Gustavo Alfaro fait ses premiers pas en tant qu’entraîneur à l’Atlético de Rafaela. D’abord avec les équipes de jeunes, puis comme adjoint de Roberto Rogel et de Carlos Biasutto, qui a dû mettre fin à son contrat en raison de mauvais résultats. C’est ainsi que Lechuga prend les rênes de l’équipe, dans un contexte très tendu. La moyenne de points était critique, mais Alfaro redresse la barre et parvient à maintenir l’Atlético Rafaela en Primera B. L’année suivante, il mène les Cremas à la deuxième place, devancé seulement par Estudiantes, relégué l’année précédente. Il dirige alors dans l’antichambre du football argentin et connait ses premiers succès. Avec toujours cette notion de « faiseur de miracles », d'homme capable de bâtir avec presque rien, l'homme des miracles avec les petites équipes.

Lorsqu’il débarque à Olimpo en 2001, le club est vingt-deuxième sur trente à la table générale, aux portes de la relégation en troisième division – la Primera B envoyant sept équipes en troisième division. Alfaro change tout. Cette fois, le président Jorge Ledo lui laisse les mains libres pour bâtir son équipe. Olimpo ne perd que quatre des vingt-quatre journées et remporte la Primera B Nacional. Son premier titre, sa première montée dans l’élite. Gustavo Alfaro n’en fait cependant pas partie. Jorge Ledo est un personnage étrange. Le soir du titre, il embrasse son entraîneur, le lendemain, il le renvoie. « En Nacional B, tu es le meilleur, mais tu n’as pas le niveau pour la première division. Aussi, plutôt que de te renvoyer lors de la sixième journée, je préfère que tu partes tout de suite », lui dit le grand patron. Il retourne alors à Quilmes, qu’il a déjà dirigé après ses débuts à Rafaela. Et récidive. Troisième de la table générale, Quilmes doit passer par un barrage face à Argentinos pour la montée. C’est ici que la première citation célèbre de Gustavo Alfaro nait : « Lorsque vous voyez l’ombre d’un géant, n’ayez pas peur. Regardez où se situe le Soleil, car il pourrait s’agir de l’ombre projetée par une personne de petite taille ». Quilmes s’impose à l’aller (1-0) et accroche le 0-0 au retour. Alfaro peut enfin découvrir l’élite et continue à renverser la table. Quilmes se hisse à la quatrième place de l’Apertura, devant Central, Newell’s ou River, termine sixième du Clausura. Pour la deuxième fois de son histoire, le Cervecero se qualifie pour la Copa Libertadores.

Mais la légende de Gustavo Alfaro s’écrit véritablement à Arsenal. Lorsqu’il arrive à la tête du club de Julio Grondona, Alfaro sort d’un échec retentissant à San Lorenzo. Mais là encore, le faiseur de miracle transforme un petit club, le faisant passer d’anonyme du championnat qui dispute sa quatrième saison dans l’élite, en champion. Arsenal signe son meilleur résultat en première division, mais surtout réalise un exploit en Copa Sudamericana. El Arse sort San Lorenzo au premier tour, Goiás en huitièmes de finale, avec une victoire au Brésil, les Chivas en quarts, avec une victoire à Guadalajara, puis River sans prendre le moindre but en s’imposant aux tirs au but au Monumental. En finale, le petit club du sud de Buenos Aires s’impose à l’Azteca face à l’América puis résiste au Cilindro au retour. Alfaro décroche alors son plus grand titre en tant qu’entraîneur.

Il tente alors deux nouvelles étapes dans des clubs plus huppés, mais revient à Arsenal pour écrire de nouveau l’histoire en décrochant le Clausura 2012, la Supercopa Argentina 2012 puis la Copa Argentina 2013. En d’autres termes, Gustavo Alfaro est l’entraîneur de tous les titres nationaux décrochés par le club celeste y rojo. Quelques mois après le décès de Julio Grondona, il quitte le navire et navigue encore dans quelques clubs, sans grands succès, jusqu’à même tenter de restaurer un chantier nommé Boca, totalement en ruine après la défaite de Madrid. Il ne résiste pas aux conflits internes, à l’arrivée de Riquelme, et ne passe que deux saisons avec le club, sa dernière aventure du quotidien.

Pragmatisme

Le 26 août 2020, Gustavo Alfaro est nommé sélectionneur de l’Équateur après l’intermède improbable de Jordi Cruijff, qui n’a dirigé aucun match et a occupé le poste durant six mois en pleine pandémie. Absent du Mondial russe, la Tri est à reconstruire. Alfaro appose sa méthode, impose son approche. Les qualités d’un entraîneur, il les livre pour el Gráfico : « Premièrement, dire la vérité. Deuxièmement : avoir bien à l’esprit que le lieu le plus sacré du club, c’est le vestiaire, et que c’est là que tout commence et que tout finit. Et surtout, avoir la capacité de convaincre. Le plus facile pour les entraîneurs, c’est de travailler sur le terrain ; nous le faisons tous de la même manière. Le plus important, c’est ce qui se passe en dehors : comment parvenir à forger l’état d’esprit d’une équipe, comment transformer le je en nous, comment faire comprendre aux joueurs qu’ils sont tous nécessaires et qu’aucun n’est indispensable ». Lors d’une conférence de deux heures donnée alors qu’il était encore à Arsenal, il détaille : « C’est en défense que s’exprime le premier geste de solidarité de l’équipe. Pourquoi ? Parce que lorsqu’une équipe perd le ballon, les onze joueurs ont à l’esprit que s’ils ne le récupèrent pas, ils ne pourront plus l’avoir pour jouer. La défense donne donc lieu à un esprit collectif et solidaire qui n’existe peut-être pas en attaque. Le jeu est toujours collectif, il naît dans la tête et s’exécute avec les pieds. Il n’y a pas de force supérieure à l’intelligence sur un terrain. Celui qui est capable de réfléchir comprend ce qui se passe. Celui qui comprend ce qui se passe est capable de trouver des solutions et, en général, celui qui est capable de trouver des solutions et de prendre des décisions gagne et fait les bons choix. Pour nous, les entraîneurs, il est essentiel d’encourager le joueur à réfléchir afin qu’il puisse trouver des solutions. Nous ne pouvons pas automatiser les équipes, mais nous pouvons donner au joueur les outils nécessaires pour qu’il comprenne le jeu ». Pour cela, il étudie chaque détail de l’adversaire :« Quand on me dit que j’accorde trop d’importance à l’adversaire, je réponds par une citation d’un général de guerre du XVe siècle : “Si tu es conscient de tes forces mais que tu ignores celles de l’adversaire, tu lui donnes l’avantage”. Connaître l’adversaire ne signifie pas le surestimer, c’est voir comment on peut gagner le match ».

Ainsi, les équipes d’Alfaro reposent toutes sur une défense solide, un bloc compact qui aime se projeter pour faire mal. Elles sont celles d’un pragmatique qui analyse tout, comme le cinco qu’il était sur le terrain. Un cinco qui possède aussi une impressionnante capacité à emporter, à unir et à rassembler derrière sa vision.

Faire renaître l'espoir

Lorsqu’il reprend l’Équateur, Gustavo Alfaro arrive donc au chevet d’une sélection absente du Mondial 2018, mais qui compte sur une génération naissante pour redorer son blason. Il applique sa méthode sur le terrain, en coulisse, il convainc ses joueurs que l’impossible n’existe pas. « L’entraîneur recherche toujours la réussite, mais nous vivons dans une société dont les valeurs ont été bouleversées, qui privilégie davantage la course au succès que la réussite elle-même. Et bien que ces deux mots aient la même racine, leur définition est diamétralement opposée. Peut-être que pour certains, la réussite consiste à être champion. Pour d’autres, c’est éviter la relégation. Mais on a l’impression que seul le champion est véritablement couronné de succès, les autres ayant échoués. Je dis aux joueurs que le chemin vers la réussite n’est pas une ligne droite et qu’il ne faut pas écarter ces petits échecs préliminaires, car le fait de “ne pas accepter” ces petits revers que l’on peut rencontrer nous empêche d’atteindre la réussite demain. Le mot “succès” vient du latin “exitus”, qui signifie “sortie”. Peut-être cela veut-il dire que le succès ne s’obtient qu’à la fin de chacune de nos vies. L’autre jour, j’ai lu une phrase de Dante Alighieri [philosophe et poète italien] écrite au XIIIe siècle, qui disait que ceux qui ne garantissent pas un succès permanent seront considérés comme efficaces dans leur travail. Le pire, ce n’est pas de ne pas réussir, le pire, c’est de ne pas essayer ». Avec lui, l’Équateur fait plus qu’essayer, il bouscule, il joue les premiers rôles. « Dans une équipe, il n’y a ni plancher ni plafond. On peut toujours s’améliorer ou évoluer. Une équipe perd et dit “on a touché le fond”, mais enchaîne avec un autre match et perdre à nouveau. Eh bien, cela signifie que l’équipe n’a pas touché le fond tant qu’elle n’a pas compris qu’elle avait un problème et qu’elle n’a pas commencé à le résoudre. C’est là qu’elle cesse de toucher le fond. Il en va de même pour la progression. Lorsque l’entraîneur et les joueurs – dans cette relation – se fixent des exigences de plus en plus élevées, il n’y a pas non plus de limite. C’est pourquoi certains joueurs en veulent toujours plus, ils ne se contentent pas de ce qu’ils ont. Parce que le football, c’est le présent, le football, c’est aujourd’hui. On ne peut pas vivre de ce qu’on a fait il y a dix ans, ni de ce qu’on fera demain. La seule façon de rendre l’avenir réel, c’est d’avoir un bon présent ». La Tri arrache sa qualification en prenant la quatrième place derrière le trio de géants. Au Qatar, les coéquipiers d’Enner Valencia manquent la qualification après une défaite concédée lors de la dernière journée de la phase de groupes face au Sénégal. Mais la graine est plantée. Alfaro a redonné vie à une sélection qui écrase l’Uruguay (4-2), atomise la Colombie (6-1) mais surtout qui a emporté son peuple et lui a ramené ses rêves de réussite.

Après un court intermède au Costa Rica, il débarque au chevet d’un autre grand malade, le Paraguay au sein duquel Daniel Garnero a d’abord voulu changer l’identité avant de se renier.

Photo : Robert Cianflone/Getty Images

Reconnexion

Après des débuts ratés sous Garnero, le Paraguay devient, avec Alfaro, une machine enchaînant victoires à domicile et nuls à l’extérieur, faisant tomber l’Argentine, le Brésil ou encore l’Uruguay. Pour y parvenir, le pragmatique a trouvé l’équipe idéale pour appliquer sa recette mêlant solidité défensive et capacité à exploser en transition. Mais surtout, son Paraguay va bien au-delà d’une simple considération tactique. Lors des éliminatoires, Gustavo Alfaro donne la clé : reconnecter ses joueurs avec l’identité paraguayenne. « Aujourd’hui, j’ai le sentiment que le Paraguay est bien le Paraguay. J’ai l’impression que nous avons retrouvé, je ne sais pas si c’est une mystique, mais en tout cas des éléments qui nous caractérisent. La capacité à savoir souffrir est une qualité que le Paraguay possédait autrefois et que nous devions retrouver ».

En débarquant au Paraguay, Gustavo Alfaro a sans aucun doute trouvé le pays qui lui ressemble le plus. Ce pays totalement enclavé, souvent source de discriminations, marqué par des années de lutte et de résilience lorsque la Guerre de la Triple Alliance le prive de près du tiers de son territoire et emporte près des deux tiers de son peuple, lorsqu’il parvient à résister à la Bolivie lors de la Guerre du Chaco, l’une des plus meurtrières, mais qui reste debout. Des valeurs qui se concentrent parfois dans la garra guaraníe de sa sélection, mais qui marquent surtout son identité nationale. Des valeurs de lutte et de sacrifice qui ont toujours animé son sélectionneur et qu’il résume à merveille après l’exploit face à l’Allemagne : « Nous venons de la tierra colorada [les terres rouges peu fertiles présentes au Paraguay]. Nos maillots arborent les rayures de la tierra colorada ; nous avons joué pieds nus sur ces terres, grâce au sacrifice des parents qui s’efforcent d’amener leurs enfants à l’entraînement, et grâce à leurs efforts, lorsqu’ils multiplient les charges de travail car ils n’ont pas assez d’argent pour joindre les deux bouts, afin que leurs enfants puissent réaliser leurs rêves. En tant que parents, qui ne souhaiterait pas que son enfant réalise son rêve ? En faisant des sacrifices, en reportant des projets, en s’imposant des privations, en silence, en ruminant. Nous venons de ces endroits. Cela ne veut pas dire que nous avons gagné parce que nous venons de la tierra colorada et qu’ils ont perdu, loin de là. Si seulement nous pouvions avoir ce qu’ils ont, ces infrastructures de premier ordre et tout ce dont ils disposent. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont quatre étoiles. Alors, j’aimerais bien que ce soit notre cas, mais non, je ne renie pas mes origines. Je ne les renie absolument pas, car en fin de compte, c’est ce qui nous définit en tant que tels, c’est ce qui nous définit en tant que sélection. C’est donc là que réside, je crois, la clé de tout, n’est-ce pas ? Donc, si je devais le définir, je le définirais ainsi, de cette manière. C’est une démonstration absolue d’amour-propre et de conviction. Ce mélange de sang et d’utopie qui nous a permis de concrétiser ce qui semblait voire s’annonçait être impossible ».

Avant d’affronter l’ogre tricolore et alors que l’ombre grandissante du souvenir de 1998 plane sur le match, cette même ombre qui n’est parfois qu’illusion, Gustavo Alfaro connaît l’ampleur du défi : « Je suis un homme de la campagne. À Rafaela, quand un orage approchait, il fallait se mettre à l’abri n’importe où, car il n’y avait pas de paratonnerre. La France, c’est un orage électrique. Et ces éclairs qui jaillissent de partout visent le centre des cages. On sait qu’un orage électrique approche, il faut donc trouver le moyen d’éviter les éclairs ». Mais au final, qu’importe ce qu’il adviendra du Paraguay face aux Bleus. Car si nombreux sont les chantres du succès qui ne manqueront pas de toujours apposer le regard de la condescendance sur une sélection construite à la sueur et aux larmes, en ravivant la flamme d’un peuple derrière une sélection qui la représente, en trouvant en ces guerriers guaraníes l’écho de sa propre histoire, Gustavo Alfaro a déjà fait de la Coupe du Monde du Paraguay une vraie réussite.

Photo une :  Dean Mouhtaropoulos/Getty Images

Nicolas Cougot
Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.