Entre 1961 et 1963, Santos écrase tout sur son passage, remportant neuf titres consécutifs. Toujours dominateur au milieu de la décennie, Santos amorce un déclin à partir de 1966 avant un formidable retour lors de l'année 1968.

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Une équipe en déclin

Paulista 1961, Taça Brasil 1961, Copa Libertadores 1962, Mundial 1962, Paulista 1962, Taça Brasil 1962, Torneio Rio – São Paulo 1963, Copa Libertadores 1963, Mundial 1963. Santos réalise l'exploit de remporter neuf titres consécutifs au début de la décennie et s'impose comme la meilleure équipe du monde. En 1964, Santos ajoute trois nouveaux titres avec le championnat Paulista, la Taça Brasil et le Tournoi Rio – São Paulo. Un an plus tard, le Peixe se « contente » du doublé Paulista – Taça Brasil. Le déclin s'amorce véritablement en 1966. Gilmar et Mauro, deux des leaders défensifs de la « time dos sonhos » s'apprêtent alors à fêter leurs 36 ans, et ne sont plus aussi efficaces qu'auparavant. Pepe a 31 ans et Coutinho est en proie à des problèmes de poids, passant plus de temps à l'infirmerie que sur les terrains. Pelé revient marqué, aussi bien physiquement que moralement de la Coupe du monde, disputée en Angleterre. Dans le championnat Paulista, Pelé, auteur de 49 buts la saison précédente, dispute seulement 14 matchs. Même si le Roi marque 13 buts, il cède son titre de meilleur buteur du championnat, une première depuis 1956. Santos termine troisième du championnat. Quelques mois plus tôt, en finale du championnat brésilien, Santos s'était lourdement incliné 6-2 contre le Cruzeiro de Tostão. Au Mineirão, le Peixe perdait même 5-0 à la mi-temps. Déjà battu 5-0 par Palmeiras en décembre 1965, Santos n'est plus invincible. Certes, l'équipe remporte un titre en 1966 : le Tournoi Rio – São Paulo, où quatre équipes terminent à égalité à l'issue du championnat. Une nouvelle phase est prévue pour déterminer un vainqueur mais à cause de la préparation à la Coupe du monde, la Confédération Brésilienne des Sports (CBD) déclare Santos, Botafogo, Corinthians et Vasco vainqueurs à égalité. Une maigre consolation pour un Santos qui ne fait plus vraiment peur. En 1967, Santos remporte le Paulista, en disposant en finale de São Paulo mais voit le rival Palmeiras remporter les deux championnats nationaux. Zito annonce sa retraite à l'issue du championnat, bientôt imité par Gilmar alors que Mauro rejoint le club mexicain de Toluca. Coutinho prend pour sa part la direction de Vitória et Dorval s'engage avec le rival Palmeiras. L'entraîneur Lula, au club depuis 1954 quitte Santos en 1966 après 21 titres remportés avec le Peixe. Il est remplacé par Antoninho, ancien du club de 1941 à 1954. Santos n'est plus vraiment Santos et doit se reconstruire.

Des jeunes joueurs + Pelé = succès

Le renouveau de Santos s'appuie d'abord sur une défense exceptionnelle. Preuve en est, lors des six matchs des éliminatoires de la Coupe du monde 1970, les quatre défenseurs alignés par João Saldanha jouent tous à Santos et sont jeunes. En effet, en 1968, Carlos Alberto, capitaine lors de la Coupe du monde au Mexique, est âgé de 24 ans et Rildo est à peine plus vieux avec ses 26 printemps. Joel Camargo, qui deviendra en 1971 le premier Brésilien à jouer au Paris SG, a seulement 21 ans alors que Djalma Dias, le père de Djalminha, fait figure d'ancien à 29 ans. La défense compte également sur des joueurs d'expérience avec Orlando, champion du monde en 1958 et en fin de carrière, et l'international argentin Ramos Delgado, qui deviendra « l'un des meilleurs défenseurs de l'histoire de Santos, de River Plate et du football sud-américain » selon Odir Cunha et Celzo Unzelte, auteurs du livre « Santos, 100 Anos, 100 Jogos, 100 Ídolos ». Le reste de l'équipe s'appuie sur de jeunes joueurs formés au Santos FC. Clodoaldo (18 ans) est le remplaçant attitré de Zito et sur les ailes, on retrouve Edu (18 ans) et Manuel Maria (19 ans), recruté en provenance du Clube do Remo. Présent dans la pré-liste pour la Coupe du monde 1970, Manuel Maria voit sa carrière prometteuse brisée par un grave accident de voiture. Enfin, Abel, ancien joueur d'America, offre une autre alternative à l'entraîneur Antoninho sur les côtés. Cette abondance de jeunes joueurs talentueux permet à Toninho Guerreiro de passer du côté droit à l'axe de l'attaque. 

Originaire de Bangu comme Pelé, le meilleur buteur du Paulista 1966 devient rapidement le « meilleur partenaire de Pelé depuis Coutinho. » Car si l'équipe de Santos est bien différente de l'équipe vainqueur du Mondial des clubs à deux reprises, Pelé est toujours là.

À 27 ans, Pelé est censé être au sommet de sa forme. Pourtant, les nombreuses tournées de Santos l'ont épuisé, tout comme les tacles grossiers dont il est victime, des tacles pas toujours sanctionnés par les arbitres, notamment lors de la Coupe du monde 1966. « Il me fallut un certain temps pour me remettre des épreuves de 1966, tant physiquement que moralement. Mes jambes avaient souffert des assauts de Zhechev, Morais et autres. La violence et l'absence de sportivité, doublées d'un arbitrage laxiste, m'avaient complètement dégoûté » confie Pelé dans son autobiographie « Ma vie ». Pire, Pelé se retrouve ruiné après une gestion catastrophique de son conseiller et ami Pepe Gordo. Pelé se sépare de Pepe Gordo et demande un prêt à son club, qui lui propose un nouveau contrat, largement avantageux pour Santos au regard du talent de Pelé. Mais Pelé n'a plus d'argent et n'a pas le choix. Il prolonge avec son club de toujours pour encadrer les jeunes pousses du Peixe. Le Roi profite de l'année 1967 pour se ressourcer et retrouver le sourire. Dès le début de l'année, sa femme Rosemeri donne naissance à Kelly Cristina, le premier enfant de Pelé. « La paternité fut une révélation. Elle guérit ma désillusion à l'égard du football et de la pression permanente des matchs et des tournées. Même après une rencontre totalement décousue ou une défaite humiliante, je retrouvais toute ma joie de vivre quand je rentrais chez moi. » Quelques mois plus tard, un autre événement va marquer la vie du triple champion du monde : Pelé se rend pour la première fois en Afrique noire, dans le cadre d'une tournée avec Santos. « En mai, je m'envolai pour jouer au Sénégal, au Gabon, au Congo et en Côte d'Ivoire. Cette expérience bouleversa ma vision du monde et, réciproquement, la vision que le monde avait de moi. Notre venue suscita un grand intérêt : des dizaines de milliers de gens nous accueillaient à chaque aéroport, nous applaudissaient dans les rues, venaient assister aux matchs. Les pays hôtes déployaient souvent des soldats pour contrôler la foule. On aurait dit que tout le monde en Afrique voulait nous voir, nous toucher, comme pour s'assurer que nous étions bien réels. » Santos dispute cinq matchs, pour cinq victoires. Pelé marque à chaque match, dont des triplés contre le Sénégal et le Congo.

« 1968 fut certainement l'année la plus importante du club depuis mon arrivée » Pelé

Un tournoi au Chili avant le championnat Paulista

Pour débuter la saison 1968, Santos s'envole au Chili pour un tournoi international. Les trois clubs les plus importants du Chili (Colo Colo, Universidad de Chile et Universidad Católica) participent au tournoi, tout comme les sélections nationales de la Tchécoslovaquie et de la RDA, ainsi que les Hongrois de Vasas et les Argentins du Racing Club. Si la « dérive à gauche » du régime chilien inquiète les États-Unis, sur le terrain, Santos est l'attraction de ce tournoi et ne déçoit pas. En sept matchs, Santos l'emporte six fois, s'inclinant seulement contre Universidad de Chile alors que Pelé est absent. Le Roi dispute seulement trois matchs pour un petit but marqué contre sept pour son partenaire Toninho Guerreiro. Quelques heures avant l'avant-dernier match de Santos, contre Colo Colo, l'ancien joueur et dirigeant historique de Santos, Nicolau Moran, meurt à 54 ans. Malgré l'émotion, Santos s'impose 4-1 et remporte le tournoi avant de se concentrer sur le début du championnat paulista.

Quatorze équipes s'affrontent sur format aller-retour pour le championnat paulista 1968, soit 26 journées. Après 18 matchs, le bilan de Santos est plus qu'impressionnant : 17 victoires et une seule défaite. Une défaite cependant rageante puisque c'est le Corinthians qui bat Santos sur le score de 2-0, une première dans le championnat paulista depuis 1956, soit 22 matchs sans victoire pour le Timão face à Santos ! Pour le plus grand bonheur des spectateurs du Pacaembu, Pelé, blessé lors du début du tournoi, est bien présent sur le terrain, tout comme Edu, l'autre star de Santos, alors que l'entraîneur du Corinthians n'est autre que Lula, ancien coach de Santos de 1954 à 1966. C'est le seul match du premier tour que Pelé dispute et ne marque pas. Buteur trois jours auparavant, il marque successivement contre Botafogo et la Portuguesa avant d'enchaîner quatre doublés pour clôturer la phase aller. Santos est toujours aussi dominant lors de la phase retour et prend sa revanche sur le Corinthians avec une victoire sur le même score, 2-0, et un but de Pelé. Santos bat ensuite Palmeiras 3-1 et remporte le championnat à trois journées de la fin. Les buteurs du match seront les meilleurs buteurs de Santos lors de cette compétition : Toninho Guerreiro (19 buts), Pelé (17 buts) et Edu (9 buts). Santos termine finalement le championnat avec 22 victoires en 26 matchs (71 buts marqués) et onze points d'avance sur le deuxième, le Corinthians, à une époque où la victoire vaut deux points. Si Pelé marque moins – il enchaîne même six matchs sans marquer, une première depuis 1957 – le Peixe est redevenu une machine redoutable, s'appuyant sur des joueurs de talent comme Edu, Toninho, Clodoaldo, Lima ou encore le défenseur Carlos Alberto, auteur de sept buts dans le Paulista. Avec ce premier titre de l'année 1968, Santos peut désormais s'envoler aux quatre coins du monde.

Nouvelles tournées, nouveaux titres

Toujours prêt à courir le cachet, Santos part d'abord en Italie pour deux matchs amicaux au mois de juin. Santos s'envole ensuite pour la Suisse et l'Allemagne avant de se diriger vers les États-Unis où ils battent trois fois le Napoli en une semaine : 4-2, 6-2, 5-2. Santos affronte de nombreuses équipes américaines et Pelé retrouve ses talents de buteurs. Entre le 12 juin et le 8 juillet, O Rei dispute neuf matchs dans cinq pays différents et marque à chaque match. Santos se rend ensuite à Bogotá pour affronter la sélection olympique de Colombie qui se prépare en vue des Jeux à Mexico. Le score est de 1-1 lorsque l'arbitre du match, Guillermo Velásquez, valide un but pour la Colombie malgré un hors-jeu évident. L'arbitre expulse Lima pour protestation et Pelé vient à son tour se plaindre auprès de « Chato » Velásquez. La suite, racontée par Pelé, est complètement surréaliste. « Mon coéquipier Lima protesta contre la décision de Chato. Ce dernier, un personnage au tempérament fougueux, se mit à l'intimider physiquement, avant de l'expulser. Un vrai scandale. Furieux, je pris aussitôt le relais de Lima et allai tempêter contre Chato – qui me renvoya également aux vestiaires. J'ignore qui était le plus choqué, moi ou le public. L'arbitre pouvait bien expulser qui bon lui semblait, mais pas celui que tout le monde était venu voir. Les spectateurs se déchaînèrent, bombardant le terrain de coussins, de déchets et de tout ce qui leur tombait sous la main. Sur la touche, c'était l'émeute. Un escadron de policiers armés de matraques fit irruption sur le terrain pour protéger Chato. Le stade réclamait sa tête. Les supporters se mirent à scander : « Pelé ! Pelé ! » Ils avaient payé pour me voir et ne comptaient pas laisser un arbitre gâcher leur plaisir. La seule solution pour les organisateurs était de prendre une mesure sans précédent : expulser Chato lui-même. Une fois l'arbitre sorti de l'équation, je fus « désexpulsé » et réadmis sur la pelouse. » Une fois Pelé de retour sur le terrain et avec un nouvel arbitre, Santos reprend le contrôle du match et s'impose 4-2, avec un but de Pelé.

O Rei retrouve ensuite la Seleção, une première depuis la Coupe du monde 1966, et remporte la Taça Oswaldo Cruz face au Paraguay, battu 4-0 avec un doublé de Pelé. Santos continue ses tournées et part pour la première fois de son histoire à Manaus. Santos remporte ses deux matchs (Pelé marque à chaque fois) et s'adjuge le Torneio Amazônia, une compétition mineure. Quelques jours plus tard, l'équipe est à Buenos Aires pour le tournoi pentagonal, un tournoi autrement plus relevé avec la présence des deux géants d'Argentine, Boca Juniors et River Plate, ainsi que Benfica et le club uruguayen du Nacional. Santos bat River Plate 2-1 puis Benfica 4-2 avec un quadruplé de Toninho Guerreiro. Après un match nul contre Nacional, Santos s'assure le titre après un nouveau match nul contre Boca Juniors, dans un match marqué par deux expulsions de chaque côté. Toninho est le grand artisan de ce nouveau trophée avec 7 buts en 4 matchs. Après une nouvelle tournée aux États-Unis, Santos débute le tournoi Roberto Gomes Pedrosa, le championnat national du Brésil.

Santos, champion du Brésil

À l'époque, le Brésil dispose de deux championnats nationaux. La Taça Brasil, organisée par la CBD depuis 1959, et le Tournoi Roberto Gomes Pedrosa, organisé par les fédérations de São Paulo et Rio de Janeiro. Successeur du Tournoi Rio – São Paulo, cette compétition a lieu pour la première fois en 1967 avec des équipes de São Paulo, de Rio de Janeiro, du Rio Grande do Sul, du Minas Gerais et du Paraná. Un an plus tard, la CBD organise désormais le tournoi, connu également sous le nom de Robertão ou encore Torneio RGP, et ajoute des représentants du Pernambuco et de Bahia. Le tournoi devient plus important que la Taça Brasil, tournoi regroupant seulement les champions des différents États, et boycotté par Santos pour alléger son calendrier. Dans le Robertão 1968, Santos termine en tête de son groupe, battant notamment le Corinthians 2-1 avec un but de Pelé et humiliant Bahia 9-2 avec cette fois-ci un triplé de Pelé et un quadruplé de Toninho Guerreiro. Les favoris répondent présents et le tour final, comprenant quatre équipes s'affrontant sur un match unique, regroupe Santos, Palmeiras, Vasco et l'Internacional. À Porto Alegre, Santos bat l'Internacional 2-1 avec des buts de Pelé et Carlos Alberto. Santos s'impose ensuite face au Palmeiras sur le score de 3-0 avant de se déplacer au Maracanã où un match nul face au Vasco suffit pour être champion. Le 10 décembre 1968, devant 54 994 personnes, Santos l'emporte finalement 2-1 avec des buts de Pelé et Toninho Guerreiro, meilleur buteur du tournoi avec 18 réalisations. C'est le dernier match de la saison 1968 pour Santos qui termine l'année avec 61 victoires en 84 matchs et 228 buts marqués. C'est le retour de la formidable « máquina de futebol », qui a remporté toutes les compétitions possibles en cette année 1968. Sur un plan personnel, Pelé marque 55 buts en 73 matchs avec Santos. Une saison de rêve, qui n'est d'ailleurs pas tout à fait terminée.

La Recopa dos Campeões Intercontinentais

Jamais à court d'idées pour créer des tournois supplémentaires, l'UEFA et la CONMEBOL mettent en place la Supercoupe intercontinentale, tournoi qui regroupe les vainqueurs de la Coupe intercontinentale depuis les débuts de la compétition, à savoir le Real Madrid (1960) Peñarol (1961 et 1966), Santos (1962 et 1963), l'Inter Milan (1964 et 1965) et le Racing Club (1967). Le tournoi se déroule en deux phases avec d'abord les rencontres entre les clubs sud-américains. Au mois de novembre 1968, Santos bat le Racing 2-0 (buts de Pelé et Edu) puis le Peñarol au Maracanã, Clodoaldo marquant l'unique but du match. Au retour, Santos bat le Racing 3-2 avec un doublé de Toninho Guerreiro. Déjà qualifié pour la finale, Santos s'incline 3-0 contre le Peñarol de Pedro Rocha, auteur d'un doublé. Du côté de l'Europe, le Real Madrid, après avoir annoncé sa participation, refuse finalement de participer au tournoi, qualifiant de fait l'Inter Milan pour la finale contre Santos. Le calendrier étant surchargé, la finale à lieu à San Siro le 24 juin 1969. Trois jours plus tôt, le Peixe a remporté pour la troisième année consécutive le championnat paulista. Pour la dixième fois de sa carrière, Pelé termine meilleur buteur du championnat et s'offre un nouveau golaço contre le Corinthians lors du tour final. Sur une passe lobée de Toninho Guerreiro, il contrôle de la poitrine, enchaîne avec un coup du sombrero sur Ditão, réalise un nouveau contrôle de la poitrine et avant que le ballon ne retombe au sol, il frappe au but, ne laissant aucune chance au gardien Lula.

À Milan, l'Inter reçoit Santos sans deux légendes du club, Giacinto Facchetti et Luis Suárez. Le mythique entraîneur, le franco-argentin Helenio Herrera est parti du côté de l'AS Roma. Le club intériste aligne tout de même Tarcisio Burgnich et le Brésilien Jair da Costa, qui jouera à Santos entre 1972 et 1974. Le match ne répond pas vraiment aux attentes entre une équipe italienne violente et une équipe brésilienne fatiguée par le long voyage. Toninho Guerreiro marque le seul but du match. L'Inter Milan refuse de se rendre au Brésil pour le match retour et le trophée est finalement attribué à Santos. Un an plus tard, la compétition aura de nouveau lieu, mais sera limité à un tournoi sud-américain après les forfaits de l'Inter Milan, du Milan AC et du Real Madrid. Remporté par le Peñarol de Pedro Rocha, meilleur buteur avec six réalisations, le tournoi disparaît l'année suivante. Du côté de Santos, Toninho Guerreiro quitte le club en 1969, et Santos concentré sur les tournées pour faire rentrer de l'argent dans les caisses, attendra 1973 pour remporter un nouveau titre, le championnat paulista. Pelé termine pour la onzième et dernière fois de sa carrière meilleur buteur du championnat. 

Pelé, superstar planétaire

Déjà superstar du foot, Pelé semble dépasser son propre sport en 1968. Les sollicitations sont nombreuses, à commencer par le cinéma. À l'aise devant les caméras, il tourne dans la telenovela « Os estranhos » où il joue… un extraterrestre. Cette apparition et les divers contrats publicitaires lui permettent de rembourser ses dettes au club de Santos. Il rencontre également la reine Elizabeth II lors d'un match au Maracanã entre les sélections de São Paulo et de Rio de Janeiro. Une très belle expérience pour Pelé qui avait rêvé que la reine lui remette la Coupe du monde 1966 et qui par-ailleurs avait été stressé par l'imposant protocole à respecter. « À peine entrée, la reine s'approcha de moi avec un grand sourire et commença à parler tranquillement, disant qu'elle était ravie de me voir en personne et que son mari, le prince Philippe, m'admirait beaucoup. Nous avons parlé de football, de l'Angleterre, de la piètre prestation brésilienne au Mondial anglais. Elle me mit tellement à l'aise que j'avais l'impression de la connaître depuis longtemps. Finalement, l'obsession du protocole en dit plus sur ceux qui le font respecter que sur ceux qu'il est censé protéger. » Quelques mois plus tard, Santos se rend en Afrique pour une nouvelle tournée. L'équipe passe par le Nigeria, alors en pleine guerre civile. Les deux camps s'accordent sur une trêve de 48 heures pour aller voir Pelé et les siens affronter une équipe locale. Selon Gilmar, les tirs reprennent dès que l'avion des joueurs de Santos décolle. Les sollicitations viennent des femmes également. Pelé, marié depuis peu avec Rosemeri, fréquente une journaliste, Lenita Kurtz, avec qui il aura une fille, Flávia Christina Kurtz. C'est le deuxième enfant de Pelé avec une autre femme, puisque naît en 1964 Sandra Regina Machado, qui a attaqué Pelé en justice et a écrit le livre « La fille dont le Roi ne voulait pas ». Au contraire, Flávia Christina Kurtz maintient de bonnes relations avec son père depuis leur première rencontre, en 1990. Enfin, le 2 juillet 1968, lors d'une tournée aux États-Unis, il est fait « citoyen d'honneur de Kansas City ». Car après le Brésil et le monde entier, c'est désormais les États-Unis qui tendent les bras à Pelé, thème principal d'un prochain article de la saga Pelé sur Lucarne Opposée.