On connait les deux premiers qualifiés pour les demi-finales de l’édition 2021. Alors que le Cameroun n’a pas tremblé face à la Gambie, le Burkina Faso a confirmé son statut de bête noire de la Tunisie.

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Le Cameroun n’a pas tremblé

Après le huitième de finale et les polémiques qu’il a générées, le quart du Cameroun s’est avéré plus tranquille. D’abord dans le rythme des Lions, qui ont attendu un quart d’heure pour se montrer enfin dangereux, Aboubakar allumant la première mèche, mais qui ont ensuite eu du mal à trouver des espaces dans le bloc compact gambien, malgré une possession digne du Barça des folles années (près de 70%). Au fil des minutes, les occasions naissaient tout de même et se multipliaient : une frappe de Fai hors cadre, une tête décroisée d’Aboubakar au pied du poteau à la demi-heure, une autre à bout portant que Gaye sortait quasi miraculeusement.

Ce pressing constant, cette domination totale allaient payer d’entrée de second acte avec sept minutes qui faisaient basculer le match grâce à Karl Toko-Ekambi. Le Lyonnais plaçait une première tête, elle aussi décroisée, qui partait petit filet et récidivait sept minutes plus tard en coupant un centre rasant au deuxième poteau. Le match était plié, malgré un relâchement des Lions qui aurait pu relancer les Scorpions s’ils avaient su en profiter, la fin était de nouveau tranquille, le match étant plus près du 3-0 que Clinton Njie et Vincent Aboubakar en finalement gâché. Qu’importe, les Lions sont dans le dernier carré de leur compétition, il y attendent leur adversaire, le vainqueur du choc Égypte-Maroc.

Le Burkina Faso dans le dernier carré

Par Farouk Abdou

L’histoire se répète de nouveau, au même stade de la compétition : après 1998 et 2017, les Étalons du Burkina Faso ont une nouvelle fois barré la route vers les demi-finales de la CAN à des Aigles de Carthage qui n’ont pas démérité, ont été lésés sur l’intervention de Soumaïla Ouattara sur Khazri qui méritait pénalty et carton rouge, mais ont tout de même rendu une copie un cran en-dessous des Burkinabés dans la puissance, l’intensité et la conviction dans les actions offensives.

La volonté tunisienne de ne pas proposer un bloc aussi compact que face au Nigeria et plus porté vers l’avant a certes permis d’aller plus souvent dans le camp adverse que lors du huitième de finale, mais cela a révélé les faiblesses de deux secteurs de jeu précis, à la fois sur le plan offensif pour appuyer le trio Khazri-Msakni-Jaziri, et défensif dans la couverture : le milieu à trois, qui a semblé manquer de jus, et les arrières latéraux, dépassés par la vitesse et la répétition des efforts de leur vis-à-vis, mais aussi des percées d’un Bayala intenable. L’ouverture du score du Burkina Faso a illustré la différence en termes d’intentions incisives : suite à un corner pour la Tunisie, une sortie de balle laser après prise d’appui de Touré sur Djibril Ouattara en pivot a mis sur orbite le jeune Dango Ouattara, qui après avoir résisté aux retours de Bronn et Haddadi a décoché une frappe du gauche hors de portée de Ben Saïd (45’+2).

Bien plus entreprenante en seconde mi-temps, la Tunisie a réédité une mi-temps similaire à la dernière demi-heure face au Mali : récupération de la possession, des coups de pied arrêtés qui auraient pu faire la différence comme le coup-franc de Maaloul sorti du cadre par Koffi, mais un manque de réalisme à l’image de l’occasion ratée par Khazri sur un centre-tir de Sliti, et une multitude de centres ratés dans de bonnes positions. Même réduit à dix après l’expulsion du buteur Dango Ouattara, le Burkina Faso ne s’est pas désuni et avait jusque-là tenu toujours avec une grosse débauche d’énergie, une agressivité ciblée pour hacher le jeu et casser le rythme tunisien retrouvé, et des contres express dont le face-à-face de Bayala raté pour le but du break. Le score en est resté là (1-0), permettant aux Étalons, supérieurs dans l’intensité, d’atteindre le dernier carré pour la troisième fois sur les cinq dernières éditions de la CAN.

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La CAF reste aux ordres. Devant le Conseil de l’Europe, l’omnipotent président de la FIFA Gianni Infantino a lancé une immense polémique mercredi dernier en défendant sa Coupe du Monde tous les deux ans d’une phrase aussi scandaleuse que lunaire : « Nous devons trouver des moyens d’inclure le monde entier pour donner de l’espoir aux Africains afin qu’ils n’aient pas besoin de traverser la Méditerranée pour trouver peut-être une vie meilleure, mais, plus probablement, la mort en mer ». On attendait la réaction des instances africaines, on n’a pas été déçu. Dans un communiqué de presse publié vendredi, l’instance africaine réaffirme son soutien au président de la FIFA, s’occupant même d’assumer le rôle d’avocat : « Plusieurs commentateurs semblent malheureusement avoir mal compris et mal interprété le discours du Président Infantino. Il a en substance déclaré que le football est l'un des outils qui devrait contribuer au développement économique et social et à l'amélioration de la situation de nombreux Africains, et constituer un levier pour offrir un avenir meilleur et plus de dignité à de nombreuses personnes sur le continent africain. Le président Infantino n'a pas dit que la Coupe du monde de la FIFA organisée tous les deux ans empêcherait les Africains de traverser la Méditerranée », peut-on ainsi lire. Ou comment accepter l’inacceptable.

Duel Comores – CAF. Privés de gardien lors du polémique huitième de finale face au Cameroun, les Comores se sont vues infliger une série d’amendes, pour un total de 17 000 dollars en raison de leur comportement à l’occasion de ce match. Parmi les raisons, l’ubuesque sanction contre le mauvais numéro de maillot porté par Chaker Alhadhur, latéral devenu gardien le temps d’un match (pour un montant de 5 000 dollars). La réponse comorienne n’a pas tardé, à travers un communiqué dans lequel on peut lire : « Les Comores acceptent la défaite contre le Cameroun et félicitent toutes les nations qualifiées pour la suite de la compétition. Nous regrettons néanmoins ces nouvelles sanctions qui ne font que jeter un peu plus la suspicion sur le traitement injuste réservé à notre sélection » avant une conclusion claire : « Peu importe les amendes et les sanctions, la Fédération de Football des Comores reste résolument engagée à pratiquer et défendre un football vecteur de plaisir, d’espoir, d’équité et d’opportunité pour toutes ses composantes. […] Notre vision est un engagement non seulement pour notre équipe, mais pour tous ceux qui aiment et respirent le football. La CAF doit respecter et refléter, l’ensemble des nations, sans distinction ni discrimination, pour un football plus accessible et plus inclusif ». Reste à savoir si le message sera reçu.

L’enquête. Par la voix du ministre des sports camerounais Narcisse Mouelle Kombi, on en sait un peu plus sur les incidents ayant occasionné le drame d’Olembé, généré par la fermeture de l’entrée sud du stade qui, alors que la masse de spectateurs hors du stade grandissait, a finalement été rouverte par les forces de l’ordre : « Face à la pression exercée sur les grilles et débordés par la marée humaine, les éléments de sécurité ont procédé, de manière imprudente, à l’ouverture de l’entrée sud du stade ». Cette ouverture a donc provoqué l’immense bousculade qui a occasionné la mort de huit personnes et laissé trente-huit blessés. Un ministre qui a également souligné le manque d’effectif au sein des forces de sécurité autour du stade et un trop grand nombre de spectateurs sans billet. Le Stade d’Olembé a été suspendu pour el quart prévu entre Maroc et Égypte, il a finalement été autorisé à accueillir la demi-finale entre le vainqueur de ce choc et le Cameroun.

programme

16 heures : Égypte-Maroc

20 heures : Sénégal-Guinée Equatoriale

 

 

Photo : PA Images / Icon Sport