Supérieur à son rival, le Junior Baranquilla a déjà un pied en finale de Copa Sudamericana après sa victoire 2-0 à Bogotá sur le terrain de Santa Fe.

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Il y a plusieurs façons d'arriver au stade après trente-cinq minutes de jeu. Le plus souvent, c'est à cause d'une discordance entre l'heure du match et les horaires de travail. Parfois, c'est aussi le confort des tavernes alentours qui retarde le supporter dans un hommage inachevé à Antoine Blondin. Et puis, il y a le problème des mégalopoles chaotiques comme Bogotá, sixième au classement mondial des villes les plus bouchonnés. Lorsque la pluie et les mouvements sociaux s'en mêlent, la mobilité devient un cauchemar et le Campín apparait comme une citadelle inaccessible. Heureusement, avec Santa Fe, il n'est pas rare de ne rien rater en arrivant en retard. Selon nos voisins en tribunes et les twittos avisés, il n'y avait pas grand-chose à retenir de la première demi-heure de match, hormis le feu d'artifice avant l'entrée des joueurs, une tête de l'attaquant de Santa Fe Arley Rodríguez juste à côté du cadre et quelques bourre-pifs sur le terrain. En tribune, le spectacle fait cependant plaisir à voir. Avec des gradins remplis pour la première fois depuis les matchs contre River Plate et Millonarios début mai, aucun doute n'est permis: ce soir c'est grand match au Campín.

Malgré les chants de la Barra Brava de Santa Fe, repris par les deux-tiers du stade, ce sont les 3000 costeños qui explosent de joie par deux fois, avec l'ouverture du score de Teo Gutiérrez et une minute plus tard en raison de la validation du but (41e). Entre temps, l'arbitre uruguayen Esteban Ostojich avait attendu la confirmation du but que le juge de ligne avait signalé hors-jeu tardivement et à tort, probablement influencé par la protestation des joueurs locaux, qui demandaient à la fois une faute au départ de l'action et un hors-jeu de Teo. En attendant que le ballon franchisse la ligne pour lever son drapeau, le juge de ligne a certes permis de rendre justice à Junior après consultation de la vidéo, mais il a surtout donné l'impression de ne pas vouloir prendre ses responsabilités. Cette séquence augurait un usage du VAR encore une fois catastrophique par un corps arbitral extrêmement pusillanime. À la manière d'un coureur cycliste de la Sky, l'arbitre passera son match le doigt collé sur son oreillette, attendant les consignes pour agir. Au cours d'un dernier quart d'heure dominé par Santa Fe, le public a cru plusieurs fois à l'obtention d'un penalty, l'arbitre tergiversant à chaque fois que les joueurs locaux réclamaient une main ou une faute dans la surface de réparation. Finalement, le seul recours au Var lors du second acte se fera aux dépens de Santa Fe. Après être allé consulter la vidéo, l'arbitre pris la décision logique d'expulser Javier López, auteur d'un attentat sur Jarlan Barrera. Le défenseur de Santa Fe venait ajouter ainsi un nouveau chapitre à sa légende de boucher.

Le manque de sang-froid coutumier de López reflétait l'impuissance de Santa Fe face à une équipe Tiburón plus douée techniquement et qui avait doublé la mise en début de deuxième mi-temps sur une frappe croisée magnifique de Marlon Piedrahita. Malgré une volonté farouche de revenir au score, le León se montrait trop imprécis dans ses tentatives. En raison de ses limites propres et de la nervosité ambiante d'un match haché par de nombreuses fautes, Santa Fe n'est pas parvenu à marquer ce but qui aurait permis de donner un semblant de suspens avant le match retour. Il s'en est même fallu de peu pour que Junior n'inscrive un troisième but à la 90e minute lors d'un  face à face entre Sebastián Hernández et Zapata, remporté par le gardien de Santa Fe. Alors que les supporters du Junior clamaient « tu Papá, tu Papá » à tout rompre, ceux de Santa Fe, qui n'attendaient plus rien de leur équipe il y a encore quelques semaines, se tournaient déjà vers le championnat ou le León jouera sa qualification pour la phase finale ce dimanche dans un Clásico bouillant contre Millonarios. Dès le début du match la banderole déployée par la Guardia Albi Roja Sur, pour rappeler les titres en Sudamericana 2015 et lors de la Suruga Bank 2016 s'adressait davantage à Millos qu'à Junior (« D'Amérique du Sud au Japon… À Bogotá il n'y a qu'un seul champion. Notre histoire est votre rêve »).

La veille dans l’autre match, l’Atlético Paranaense n’a fait qu’une bouchée de Fluminense. Montrant plus d’impact, plus d’envie et surtout plus de jeu, emmené par les montées de Nikão et Cirino sur les côtés, la vista de Rafael Veiga et Lucho González au milieu, le Furação a décroché une solide victoire (2-0) qui lui laisse entrevoir un retour plus tranquille, surtout sur en face, le Flu ne trouve aucune solution comme ce fut le cas à l’Arena da Baixada. Comme Santa Fe, Fluminense va devoir aller chercher un exploit pour priver son compatriote d’adversaire de s’offrir une place en finale.