Dernière session de Sudamericana avec parmi les points chauds, les deux stades d’Avellaneda qui espéraient une qualification. Un soirée vécue des tribunes.

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Racing était dans une position favorable. Recevant à domicile le River Plate uruguayen, dernier du groupe et déjà éliminé depuis longtemps, La Academia pouvait se qualifier avec un match nul. Bien que touché par l’élimination aux tirs au but face à Boca en demi-finale de la Copa Binance dans un match pourtant dominé, la Gagoneta avait semble-t-il fait le plus dur en s’imposant la semaine passée face à son rival direct (en évoluant à dix contre onze une bonne partie du match) : le FBC Melgar. Restait donc à finir l’affaire. Le match proposé par la Gagoneta est une fois de plus agréable. Porté vers l’attaque, ce Racing-là est toujours intéressant à voir jouer. Javier Correa, en revanche, n’est pas dans un bon soir. L’attaquant, en sursis du côté d’Avellaneda, ratera deux énormes occasions. Ce n’est évidemment pas le seul fautif, bien que jouant correctement, l’équipe de Fernando Gago peine à concrétiser sa domination. À la mi-temps, Racing et River Plate rentrent aux vestiaires sans le moindre but inscrit. On se dit alors que Racing va tranquillement gérer sa seconde mi-temps. C’est d’ailleurs ce qu’il se passe, du moins jusqu’à la 66e. Stupeur au Cilindro : à la suite d’un corner mal dégagé, le défenseur uruguayen Salaberry inscrira le premier but de la rencontre. C’est le scénario catastrophe. River avait jusqu’alors été inoffensif.

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Bien que peu rempli (ce match n’avait clairement pas pour ambition d’être décisif), le Cilindro commence à comprendre que les choses pourraient mal tourner. En effet, pendant ce temps, le FBC Melgar n’arrivait pas à se défaire d’un Cuiabá déjà éliminé (1-1). Bien que peu rempli, le Cilindro pousse alors la Gagoneta. Qui n’y arrive toujours pas. Et ce n’est certainement pas le gardien de River qui va lui faciliter la tâche : Fabrizio Correa est tout simplement en état de grâce. Aux alentours de la 80e minute, de très mauvaises nouvelles viennent du Pérou : Melgar inscrit le 2-1 et le 3-1 en trois minutes. La Academia est désormais virtuellement éliminée de la compétition à cause de la différence de buts. Impensable en début de match. Racing tente bien jusqu’au bout de percer la muraille Correa, sans y parvenir. À l’issue des cinq minutes de temps additionnel, Racing sort éliminé. Coup dur pour l’une des meilleures équipes argentines de 2022. Les habitués, eux, savent qu’avec La Academia, tout est possible. Nous en aurons eu une nouvelle fois la démonstration.

De l’autre côté d’Avellaneda, les calculs étaient simples pour Independiente qui recevait Ceará. Le Rojo devait s’imposer par deux buts d’écarts pour se qualifier. Le match a d’abord commencé très tôt aux abords du stade avec un affrontement entre la barra brava et la police. Minée depuis plusieurs mois par une « interna », la barra d’Independiente est divisée en deux factions. Au début du match, retentissent les désormais traditionnels chants insultant le président du club Hugo Moyano qui s’accroche à son poste. L’ambiance est chaude au Libertadores de America qui compte bien jouer son rôle.

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Et c’est plutôt bien parti, puisque sur le terrain, l’équipe répond présente. Le Vozão lui, est clairement venu défendre. Malgré des phases intéressantes, Independiente peine au moment de conclure. Ceará a plusieurs occasions nettes en contre, mais reste globalement bien trop brouillon dans le dernier tiers. C’est vers la fin de la première mi-temps que tout change. À la suite d’un corner raté du Rojo, l’équipe brésilienne parvient à armer une contre-attaque quasi létale après l’énorme erreur d’un défenseur d’Independiente au milieu de terrain. Sosa sauve deux fois consécutives son équipe et Independiente parvient presque à marquer sur le contre. Independiente est à la fois soulagé et peiné de ne pas pouvoir conclure correctement la moindre action. C’est au bout du bout du temps additionnel que le Vozão décide de frapper un très grand coup, avec le but de Cardoso (45+5). Douche froide pour les Argentins, pourtant auteurs d’une première période encourageante. Au retour des vestiaires, le Rojo continue d’attaquer mais les Brésiliens sont cette fois-ci bien plus sereins. Les minutes passent, les faibles chances de qualification du Rojo s’amenuisent. Independiente n’y arrive pas, pire, n’y croit plus vraiment. C’est une nouvelle fois dans le temps additionnel que Ceará marque le deuxième but, plutôt anecdotique, grâce à Stiven Mendoza. Le Vozão rejoint donc São Paulo. Quant à Independiente, des jours difficiles s’annoncent pour un club qui n’est visiblement pas près de retrouver la paix. Tant sur le terrain, en tribunes, que du côté des dirigeants.

Pendant ce temps…

Si les rivaux d’Avellaneda ont chuté, d’autres argentins ont bien profité de la dernière journée. Lanús s’impose d’un but face à Metropolitanos et conserve ainsi sa première place, bien aidé par un Barcelona incapable de s’imposer sur le terrain des Wanderers. De son côté, Unión s’en va atomiser Junior à Barranquilla, avec notamment une merveille d’un ancien tiburón, Jonatan Alvez. Banfield passé près d’éliminer Santos, prenant un point au Vila Belmiro, le Peixe conservant d’un rien sa première place, menacé par Unión La Calera. C’est le seul léger point noir pour les Brésiliens. Car pendant ce temps, l’Atlético Goianiense résiste à la LDU, l’Inter massacre 9 de Octubre et Fluminense, éliminé par la victoire d’Unión, réussi le carton de l’histoire de la compétition en s’imposant 10-1 à Santa Cruz de la Sierra face à Oriente Petrolero.

Crédit photo une : JUAN MABROMATA/AFP via Getty Images