Dire que le week-end argentin était attendu est un euphémisme. De la folie du clásico rosarino aux débuts de Diego en passant par l’observation à distance des géants Boca et River, les regards se portaient aux quatre coins de la Superliga. Et ont vu quelques étoiles.

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Diego et clásico

Dimanche de toutes les folies en Superliga. Première d’entre-elles, les grands débuts de Maradona à la tête du Lobo. Le Bosque était toujours en fusion, cherchant sans doute à oublier ses cinq défaites en autant de sorties avant d’accueillir le champion sortant. Certes le Racing version 2019/20 n’est pas aussi impressionnant que celui du dernier exercice, mais si Diego a préféré choisir la provocation pour analyser la défaite des siens, le fait est que dans le jeu, il n’y a pas encore eu de miracle. Cela a coûté à son Gimnasia de produire quelque chose en première période, même si l’idée d’aller chercher à bousculer le 4-1-3-2 du Chacho était bonne. Malheureusement trop d’imprécisions techniques ou de mauvais choix privaient le Gimnasia de toute possibilité d’être véritablement dangereux et pire, ce sont les visiteurs qui se montraient plus tranchants même si Cvitanich et Licha López semblaient guère inspirés. Ce sont pourtant les locaux qui se procuraient les deux meilleures occasions du début de match, deux sur phases arrêtées. Mais Arias repoussait la frappe d’Ayala et la tête de Morales, rappelant qu’il n’était pas le portier de la sélection chilienne pour rien. Et tout s’est joué là. Car à dix minutes de la pause, son homonyme se trouait sur une tête du Pulpo González et le champion en titre rentrait en tête aux vestiaires. Diego l’avait pourtant senti, criant à ses joueurs de se méfier des contres, mais rien n’y faisait. Le Lobo ne se replie pas encore en équipe et se montre trop maladroit pour être véritablement dangereux. Il allait recevoir un premier avertissement en début de second acte sur une frappe de Barbona et si le Bosque s’enflammait sur l’égalisation de García, il était douché sur le champ par une nouvelle erreur défensive qui offrait le deuxième but au Racing. Coudet pouvait alors ensuite totalement verrouiller le match, le Lobo n’allait pas avoir de multiples occasions (une tête de Spinelli et surtout un face à face totalement raté de García en toute fin de partie) pour revenir. Maradona débute par une défaite, si dans le comportement général, on sent l’énergie donnée par l’arrivée de D10S, dans le jeu, le chemin est encore très long. Pire pour le Lobo, le calendrier n’est pas tendre : Talleres mardi prochain, River le week-end suivant.

Après la folie Diego, place à la folie furieuse du plus grand clásico du pays, le clásico rosarino, celui où le spectacle est d’abord (et souvent surtout) en tribunes, à l’image du toujours exceptionnel recibimiento organisé au Gigante de Arroyito. Sur le terrain, le choc entre Central et Newell’s a accouché d’un résultat nul assez logique. Face à la volonté de bondir sur de long ballons côtés locaux, les visiteurs ont cherché à répliquer par le jeu et se sont procurés deux belles occasions lors du premier acte, par les deux Rodriguez, Maxi qui voyait sa tentative sortie par Caruzzo sur la ligne, Denis qui trouvait la transversale. Central a répliqué en deuxième période sur une belle frappe de Zabala et un coup franc de Gil. Mais rien de transcendant au final avant les deux minutes folles : la tête de Lema pour le 1-0 en faveur de Newell’s, le petit exter du droit de Riaño pour l’égalisation dans la foulée de Central. Puis rideau, les deux équipes se partagent les points, un résultat qui laisse Central dans la zone rouge, Newell’s juste au-dessus avec le même nombre de points.

Boca solide, River spectacle

Passées les critiques de son système ultra-défensif lors du superclásico, Gustavo Alfaro peut savourer tranquillement, s’installant dans son fauteuil de leader pour la première fois en écoutant le silence de ces mêmes critiques. Six matchs, six petits buts inscrits mais surtout aucun encaissé, son Boca est une muraille qui a une nouvelle fois montré que son jeu ultra-vertical était toujours aussi ultra-efficace. Troisième minute, ballon pour Alexis Mac Allister, frappe lointaine et faute de main de Andújar, Emanuel Reynoso suit et ouvre le score, efficacité. Ce qui va fuir les hommes de Gabriel Milito à l’image de l’incroyable raté de Federico González, seul à trois mètres du but vide mais qui rate le ballon. Boca a ainsi pu tranquillement contrôler son adversaire, s’appuyant sur un excellent Villa notamment pour se créer les meilleures occasions du match mais sans jamais parvenir à se mettre totalement à l’abri. Qu’importe au final, Estudiantes est resté muet, Hurtado a fait une belle entrée, tout sourit à ce Boca version Alfaro qui profite de la défaite de San Lorenzo à Santa Fe face à Colón pour prendre les commandes de la Superliga. Et comme le hasard fait bien les choses, San Lorenzo sera son prochain adversaire.

Ce duel entre leaders de la semaine prochaine pourrait donc profiter aux poursuivants. Parmi eux, on trouve Talleres qui enchaîne un troisième succès consécutif en s’offrant le Banfield de Falcioni, Arsenal, qui reprend sa marche en avant en fracassant Unión en marquant deux buts dans les cinq premières minutes (le premier plus que contestable avec un combo joueur hors-jeu/charge sur le gardien), deux autres en deuxième période après avoir changé de tenue (bleu contre bleu en première période, c’était asse particulier…) et Argentinos qui profite d’une remarquable boulette de Mehring pour s’imposer à Mendoza. Tout ce petit monde est au max à deux points de Boca (un seul pour Talleres) et précède le trio des équipes à trois points du leader parmi lesquelles figure évidemment le River Plate de Gallardo. Un River une fois encore a exposé son talent : intensité, créativité, puissance de feu, le Globo a explosé en 45 minutes, rentrant aux vestiaires sur un 0-3 et n’a ensuite fait qu’essuyer des vagues incessantes sur ses buts, se retrouvant presque heureux de n’en avoir pris que quatre (Huracán a essuyé vingt tirs, neuf cadrés, n’a eu que 30% de possession et n’a cadré aucun de ses sept tentatives).

Ailleurs, ça ne va pas très fort pour Beccacece à Independiente, incapable de conserver une avance de deux buts face à Lanús et qui se retrouve désormais sur un siège de plus en plus éjectable et commence à écarter quelques joueurs appelés à être initialement des cadres. BKCC se retrouve désormais directement menacé par le président Hugo Moyano par une petite phrase dont les conséquences pourraient être lourdes : « l’objectif, c’est la Copa Argentina ». Autant dire qu’une défaite en huitièmes de finale le 26 septembre prochain condamnera l’entraîneur du Rojo. Et l’adversaire se nomme Defensa y Justicia, son ancien club. Un Halcón qui revient progressivement à la vie après avoir débuté sa saison par trois défaites. La victoire face à Central Córdoba est la deuxième en trois sortie, DyJ est revenu à hauteur… d’Independiente.

Les buts

Résultats

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Classement

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