
River Plate et Boca Juniors sont deux géants du continent sud-américain. Qui dit géants, dit joueurs de légende. Petit imagier des grands joueurs des deux clubs.
Alors que le monde entier attends avec impatience le duel Ortega – Riquelme (nous en reparlerons), nous allons désormais évoquer quelques grands noms de ces deux clubs légendaires et notamment ceux qui ont osé porter les deux tuniques.
Le prince et le roi
Difficile de choisir des joueurs à ressortir de l’impressionnante liste de stars qui ont porté les couleurs de River ou de Boca. Alors autant s’attarder sur probablement les deux plus grands.
Arrivé à Boca en provenance d’Argentinos, Diego Maradona d’abord sous forme de prêt (Boca connaissant alors quelques difficultés financières). Lors de son premier Superclásico, Maradona livre une énorme prestation ponctuée d’un but inscrit à Fillol, le portier champion du monde. Il ne reste que deux saisons à Boca, remporte dès son arrivée le championnat (terminant troisième meilleur buteur de l’édition 81) mais reste une idole par rapport aux conditions de son arrivée. Car lorsqu’Argentinos souhaitait le vendre, l’offre la plus importante avait été formulée par….. River Plate. Les Millonarios proposaient au jeune Maradona des conditions financière égales à celle d’un gardien champion du monde ! Le refus du futur ballon d’or au motif de sa préférence pour Boca restera légendaire. Il quittera Boca après un dernier Superclásico (perdu) avant de revenir à la fin de sa carrière pour disputer son tout dernier match un soir d’octobre 1997 une nouvelle fois face à River Plate (il cèdera sa place à son héritier au poste de meneur de jeu de Boca, Juan Roman Riquelme).
Si le destin de Maradona mêle ceux de Boca et de River, il en est de même pour l’une des idoles des Millonarios, Enzo Francescoli. Le Prince uruguayen arrive à River en 1983 après avoir failli partir pour Boca mais prend du temps avant de décoller. Il le fait lors de la saison 85-86 au cours de laquelle il offre le titre aux Millonarios, terminant meilleur buteur du championnat. Comme Diego, il décide alors de s’envoler pour l’Europe et atterri en France, à Paris. Il ne jouera ainsi pas la finale de la Copa Libertadores remportée par River cette même année 86. S’il manqua la première, il sera bien présent pour la seconde. Revenu à River après un passage en Italie, le Prince prend son envol : quatre titres nationaux (Apertura 1994, 1996, 1997, Clausura 1997), une Libertadores (1996 – la dernière à l’heure actuel de River Plate), une Supercopa Sudamericana (1996), Francescoli termine sa carrière dans la lumière d’un Monumental qui en fera le plus grand joueur ayant porté les couleurs de River.
Francescoli et Maradona se croiseront à deux reprises. Lors d’un 0-0 organisé au Monumental pour récolter des fonds en 95 et lors d’une défaite 1-4 de River à La Bombonera (triplé de Caniggia). Les deux hommes sont amis, Francescoli deviendra ensuite directeur technique de Boca mais chacun reste LE joueur emblématique de ces deux géants argentins.
Les traitres.
Si Francescoli a fait un passage à Boca comme dirigeant, d’autres ont porté les deux tuniques en tant que joueurs. Depuis le tout premier transfert entre les deux clubs, en 1993 (de Boca à River), ils sont 96 à avoir défendu les deux couleurs. Parmi ces 96, quelques célébrités. Alberto Tarantini, formé à Boca et champion d’Argentine en 80 et 81 avec River avant de venir jouer en France. Claudio Caniggia, formé à River et l’un des bourreaux des Millonarios lorsqu’associé à Maradona à la fin des années 90. On peut citer encore Gabriel Batistuta, arrivé à River en 89, en mauvais termes avec Passarella et qui décolle l’année d’après avec Boca grâce à l’entraîneur d’alors, Oscar Tabárez. Enfin, Oscar Ruggeri, formé à Boca, remportera le titre et la libertadores 1986 avec River. El Cabezón résume parfaitement ce qu’il peut se passer dans la tête d’un joueur portant les deux maillots : « Ce n’est pas facile. Pour un camp vous n’êtes qu’un traitre, pour l’autre, vous ne serez jamais dignes de confiance. Il faut du temps pour parvenir à s’imposer ».
Prochain article : contexte et présentation du match de ce soir.



