Dernière session de la première journée de la CAN 2021 et les polémiques ont été nombreuses : de la fin de match totalement rocambolesque à l’hymne mauritanien, les occasions de parler football ont été rares.

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Une domination malienne récompensée par un but de Koné sur pénalty, vingt minutes de pression tunisienne non concrétisée par un pénalty manqué par Khazri, et une fin de match invraisemblable : en peu de mots, ce sont les phases d’un Tunisie-Mali qui s’est emballé à partir de l’heure de jeu. Les hommes de Magassouba ont pressé très haut d’emblée un 3-4-2-1 tunisien solide sur son arrière-garde, fragile dans les couloirs et qui a d’eu d’importantes difficultés dans les sorties de balle. Tandis que le Mali obtenait de nombreux corners infructueux et des tirs non cadrés mais pas de franche opportunité ni suffisamment de bons décalages, les Aigles de Carthage avec un trio offensif avec des membres non positionnés à leur poste de prédilection et qui n’ont pas su se situer, n’ont quasiment pas pu s’approcher du but adverse avant le retour aux vestiaires. Tout s’est alors accéléré après la pause : le Mali ouvre le score sur un pénalty transformé par Koné suite à une faute de main de Skhiri, La Tunisie enfin entreprenante conclut une phase de domination par un pénalty de Khazri stoppé par Mounkoro, et les Aigles maliens réduits à dix après l’expulsion de Touré vont tenir leur avantage durant le temps restant.

La totalité du temps restant ? Pas exactement, car à dix minutes de la fin du temps réglementaire la rencontre prend une tournure inexplicable, la faute à Jenny Sikazwe : l’arbitre zambien, qui indique au quatrième arbitre cinq minutes de temps additionnel à… la 80e minute, siffle la fin du match une première fois à la 86e, suscitant une première fois l’incompréhension du banc tunisien, puis récidive à treize secondes de la fin du temps réglementaire, sans aucun temps additionnel alors que les deux recours à la VAR et les multiples changements (neuf) nécessitaient pas loin de cinq minutes de temps en plus. Furieux, les Tunisiens tentent d’avoir des explications, puis vingt minutes plus tard l’équipe du Mali revient sur le terrain, dans un premier temps (d’après les informations recueillies par les journalistes sur place et BeIn Sports, diffuseur de la compétition) pour reprendre la rencontre et jouer les minutes restantes, mais sans Sikazwe (suppléé par le quatrième arbitre), ni l’équipe de Kebaïer, qui a refusé de revenir. Une ultime étape qui semble entériner la victoire 1-0 du Mali, en attendant un possible recours de la Tunisie.

Conséquence de l’imbroglio de fin de match entre Tunisie et Mali, la rencontre suivante opposant Mauritanie et Gambie a été décalée. Après un nouveau scandale (voir ci-dessous), le match n’a pas mis bien longtemps à s’emballer, Ablie Jallow envoyant une merveille de frappe dans la lucarne dès la dixième minute, inscrivant ainsi le premier but de l’histoire des Scorpions en phase finale de CAN. Derrière, les deux sélections se rendaient coup pour coup mais brillaient surtout par leur maladresse, les Gambiens se procurant plusieurs situations de plier l’affaire en début de second acte, Omar et Ebrima Colley en particulier. La domination restait gambienne même si la menace d’un retour mauritanien planait faute d’avoir fait le break. Celui-ci n’arrivait pas et l’histoire s’est donc écrite avec le tout premier succès des Scorpions qui fait oublier d’entrée une préparation inexistante en raison de la COVID-19 et qui démontrer que les hommes de Tom Saintfiet sont bien décidés à faire valoir leur statut de potentielle sensation.

Le plus dur est fait, mais la Côte d’Ivoire a réussi son entrée. Opposés à la Guinée équatoriale, les Éléphants débutaient de la meilleure des manières, leur capitaine du soir Max-Alain Gradel nettoyant la lucarne de Manuel Sapunga dès la cinquième minute. Le pressing imposé était là, la Selefanto dominait la rencontre, Ibrahima Sangaré, l’un de ses meilleurs éléments ce mercredi soir, passant près du 2-0 en milieu de premier acte, et semblait partie pour dérouler. Sauf que. Sauf que le Nzalang National commençait à trouver des relais dans l’entrejeu et ses offensifs dans le dos de la défense. La pression s’inversait Badra Ali Sangaré commençant à voir ses gants chauffer peu à peu. La Guinée équatoriale se montrait séduisante, aurait dû bénéficier d’un penalty en fin de premier acte, Simon Deli se montrant coupable d’une main après une tête d’Emilio Nsue. Le deuxième acte était identique, avec un Nzalang Nacional toujours aussi percutant, emmené notamment par un excellent Basilio Ndong dans son couloir gauche, et des ballons qui passaient devant le but, quelques belles occasions gâchées par les hommes de Juan Micha, les deux plus incroyables étant pour Iban Salvador et surtout pour Emilio Nsue. Ne restent donc que les regrets pour les joueurs de Juan Micha, la Côte d’Ivoire quant à elle se satisfera de ce court mais précieux succès qui lui permet de faire la course en tête dans ce groupe.

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Le premier but des Éléphants dans cette CAN ne pouvait être l’œuvre que de Max-Alain Gradel. Propulsé capitaine en l’absence de Serge Aurier, l’ancien stéphanois s’est laissé submerger par l’émotion et offert l’une des images fortes de ce début d’épreuve. Endeuillé par le décès de son père durant la préparation d’avant compétition, il avait fait le choix de rester et porter ses Éléphants. Il leur a offert leur premier succès.

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Les thèses se bousculent. À une époque où les théories complotistes poussent comme des champignons dans un bois humide lors d’une journée de septembre ensoleillée, la grande question qui a animé l’après Tunisie-Mali a bien évidemment été de chercher à savoir ce qu’il s’était passé dans la tête de Jenny Sikazwe. Alors on a eu droit à cette affaire de corruption de 2018 (jamais établie au final), aux diverses « casseroles » qu’il traine depuis des années. Deux autres théories, bien moins complotistes donc, sont finalement venues s’ajouter au débat. La première serait un souci au niveau de la montre de l’arbitre, ce qui expliquerait notamment son premier arrêt du match à la 85e. La deuxième, qui semble monter en puissance, serait un souci physique. Comme l’évoque Tarek Talaat du média égyptien Yallakora, rapportant des propos du président égyptien de la commission des arbitres, Issam Abdelfattah, Jenny Sikazwe aurait été « victime d’une insolation, lui faisant perdre toute sa concentration et a dû être conduit à l’hôpital ». Cette thèse permettrait d’expliquer pourquoi le quatrième arbitre a été chargé d’arbitrer les quatre dernières minutes qui ne se sont donc jamais jouées. Un communiqué officiel de la CAF aurait permis d’apaiser les tensions, il n’en est malheureusement rien.

L’autre scandale. Trois tentatives, aucun succès. La Mauritanie devrait se souvenir longtemps de son match d’ouverture de la CAN 2021. Jamais ses Mourabitounes n’ont eu l’honneur d’entonner leur hymne national, l’organisation ne semblant ni le connaître, ni l’avoir en stock. C’est l’autre immense scandale de la journée, là encore, mutisme total des instances…

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17 heures : Cameroun – Éthiopie

20 heures : Cap-Vert – Burkina Faso

 

 

Avec Farouk Abdou (Tunisie - Mali). Photos : PA Images / Icon Sport