Deuxième journée du premier tour et si l’ensemble des favoris annoncés sont aux portes d’une qualification, le contenu proposé tend à inquiéter. Pendant ce temps, la Guyane perd son bras de fer avec la CONCACAF, la Martinique frise l’exploit.

Gold Cup 2017 – Le guide

Les hommes d’Octavio Zambrano avaient bien entamé leur Gold Cup avec une première victoire dans cette compétition depuis 2011. Cependant, le Canada avait pour son 2e face à face une des plus grosses sélections de la CONCACAF et donc, le favori de ce groupe, le Costa Rica qui avait gagné face au Honduras mais qui voulait rebondir après un match en dessous des attentes. Les Rouges débutaient la rencontre en 4-3-3 avec l’attaquant de l’Impact de Montréal, Anthony Jackson-Hamel. Les Ticos eux avait la même formation avec un 5-4-1 avec comme seul changement, Johan Venegas qui remplaçait Joel Campbell. Dès la 4e minute, le gardien canadien Milan Borjan devait s’interposer sur l’occasion de Francisco Calvo qui semblait dangereux avec un tir aux abords de la surface à la gauche du gardien. Le Canada répliquait 20 minutes plus tard lorsque sur une passe de Scott Arfield, Alphonso Davies avait le dessus sur Christian Gamboa pour réceptionner la passe et était seul devant le gardien pour marquer le premier but de la rencontre. Le Costa Rica répliquait à la 41e, mais le tir de David Ramirez était stoppé par Milan Borjan. Sur le corner qui suivait, le centre de David Guzmán était redirigé de la tête par Francisco Calvo pour permettre aux Ticos d’égaliser. Dans les arrêts de jeu, le Costa Rica passait bien prêt de prendre les devants grâce à un tir de David Guzmán de l’extérieur de la surface, mais Milan Borjan, qui excellait dans ce match, effectuait un autre arrêt. Dès le retour des vestiaires, les Ticos étaient dangereux, mais la frappe de Bryan Ruiz à la 47e était hors cadre. Le Canada qui avait très peu d’occasions dans cette 2e mi-temps en avait une à la 78e sur un corner de Scott Arfield, mais aucun Canadien n’arrivait à pousser la balle dans les filets et Patrick Pemberton dégageait des poings. En cette fin de rencontre, le Canada subissait, mais restait solide en défense. À la 81e, le Costa Rica avait une autre occasion, mais la frappe dans la surface de Marco Ureña était stoppée par Milan Borjan. Sur le corner qui suivait, le gardien canadien effectuait un autre arrêt pour un total de 10 arrêts dans la rencontre, définitivement le joueur du match canadien lors de ce match. Résultat final 1-1 avec une bonne performance canadienne qui prend la tête du groupe A, tandis que le Costa Rica n’offre pas une performance convenable encore une fois, mais reste tout de même à la 2e place.

On aurait aimé parler de l’excellent match nul décroché par les Yana Dòkò face au Honduras. Ce point, arraché après une heure de souffrance et de nombreuses occasions concédées face à la H mais qui aurait pu se transformer en or si Malouda, à deux reprises, et surtout Privat, dont la tête trouvait le montant de Lopez, avait connu meilleure fortune. On aurait aimé en parler mais la décision est tombée depuis : la Guyane ne pouvait aligner Malouda et se voit décrétée défaite sur tapis vert. Une défaite lourde de conséquences puisque les Yana Dòkò se retrouvent désormais éliminés, leur différence de but semblant insurmontable. Une décision qui permet à un Honduras décevant et plus que chahuté par ses hinchas (certains réclament la tête du sélectionne Jorge Luis Pinto) de sauver l’essentiel, la grande possibilité d’une qualification.

Dos à dos en ouverture, USA et Panamá devaient profiter de la deuxième journée pour prendre les deux premières places du groupe. La mission était annoncée plus face pour les Canaleros qui affrontaient le Nicaragua, battu en ouverture. Alors, les Canaleros ont d’abord dominé le début de match, se procurant quelques belles situations mais exposant surtout une grande maladresse. Au point que les Nicas allaient prendre confiance en eux au fil des minutes et attendre le début de second acte pour frapper sur une merveille absolue signée Carlos Chavarria dont la frappe lointaine se logeait dans la lucarne de José Calderón. Ce but réveillait les hommes de Bolillo Gómez, la réplique ne tardait pas, Ismael Díaz, certainement le meilleur Panaméen jusqu’ici trouvait enfin juste récompense en égalisant deux minutes plus tard, idéalement servi par Miguel Camargo. La pression s’intensifiait et Gabriel Torres donnait l’avantage aux siens quelques minutes plus tard. Passé enfin devant au score, Panamá relâchait son étreinte et se repliait pour mieux laisser venir des Nicas qui allaient courir après une égalisation qui jamais ne viendrait. Panamá s’impose ainsi sur la plus petite des marges mais a déjà fait un grand pas vers la qualification quand la situation du Nicaragua est plus que compliquée.

D’autant que l’autre match du groupe a vu le favori sur le papier s’imposer également dans la souffrance. Car si sur le premier acte, Team USA a semblé un cran au-dessus, dominant notamment physiquement la Martinique, la meilleure situation de ces 45 premières minutes restait le poteau trouvé par Kévin Parsemain peu après la demi-heure suite à un énorme slalom d’Abaul dans l’axe US. Si le premier acte avait été une bataille de nerfs, le second allait être des plus spectaculaires. Tout débutait par une énorme pression américaine. Arriola trouvait la barre d’Olimpa d’entrée de mi-temps, la Martinique répliquait par une tête à bout portant d’Arquin sauvée par Guzan. Mais Team USA appuyait, après une nouvelle tentative de Morris, González se muait en renard des surfaces pour prendre un rebond laissé par Olimpa. 1-0, 54e minute. Le plus dur semblait fait d’autant que les hommes de Bruce Arena ne relâchaient pas, Jordan Morris, l’un des plus actifs, trouvant juste récompense à son match en doublant la mise peu après l’heure de jeu. À 0-2, les carottes semblaient cuites pour les Matinino. Elles ne l’étaient pas, loin de là. Dans la minute, Kévin Parsemain ramenait les siens, profitant d’un Guzan peu inspiré. Si les USA se procuraient quelques situations, le trio Langil – Parsemain – Audel allait de nouveau frapper, ce dernier voyant sa frappe détournée par Parsemain lober Guzan. 2-2, il ne restait alors qu’un quart d’heure, l’exploit était à portée de main. À peine 60 secondes, le temps pour Morris de revêtir le costume du sauveur de la patrie américaine. Malgré une dernière occasion pour les Matinino, le score n’évoluait plus, les USA prennent la première place du groupe, les hommes de Jean-Marc Civault restent troisième, aux portes de la qualification.

Vaincus en ouverture, Salvador et Curaçao jouaient déjà leur dernière chance, une défaite les condamnant à un dernier match pour l’honneur. Alors d’entrée de partie, le 4-2-3-1 de Lara s’est installé en patron sur le terrain et en a rapidement récolté les fruits. On ne jouait en effet que la 20e minute lorsque Fito Zelaya offrait le premier but à Gerson Meyen totalement oublié dans la surface par une défense de Curaçao bien trop naïve. Cette naïveté était de nouveau exposée trois minutes plus tard par Zelaya qui, servi par une transversale parfaite de Bonilla, s’en allait réussir le but du break. De quoi alors gérer tranquillement la partie ? Plus ou moins. Car si la maîtrise est restée salvadorienne, Curaçao aurait pu revenir dans le match si Nepomuceno n’avait pas buté sur Carrillo sur penalty ou si Janga n’avait pas vu sa tête finir sur la barre. Qu’importe au final pour la Selecta qui fait un grand pas vers la qualification en tant que meilleur troisième, voire mieux.

Car finalement, les hommes de Lara joueront une finale de groupe face à la Jamaïque pour la deuxième place du groupe, voire mieux si jamais Curaçao venait à renverser le Mexique. Et tout semble possible tant ce Mexique peine à se mettre en route. On l’avait vu tranquille gestionnaire face au Salvador, le match face à la Jamaïque n’aura guère rassuré. Certes le Tri a dominé, Erick Torres et Jesús Molina se procurant ainsi les deux meilleures situations du premier acte, mais dieu que ce match fut long et ennuyeux. Face à des Reggae Boyz venus chercher le nul, le Mexique a montré ses limites, incapable d’être véritablement dangereux, d’accélérer, de se montrer fluide. Et pire, il aurait pu le payer si l’arbitre avait sifflé penalty pour une faute d’Ayala sur Mattocks en début de seconde période. Mais ni le Mexique, ni la Jamaïque et ses cinq frappes, aucune cadrée, ne méritait quoi que ce soit, la deuxième journée s’est terminée dans l’ennui, le Mexique, comme d’autres favoris, chahuté par les polémiques internes.

Résultats

gcj2r

Classements

gcj2c

Par Antony de Varennes et Nicolas Cougot pour Lucarne Opposée