Retour du public ou pas, la dix-huitième journée du Torneo Socios a été celle des équipes à domicile, trois seulement étant accrochées, aucune ne s’inclinant. Mais cette journée pourrait bien rester celle du KO.

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Le football a cela de magique qu’il laisse souvent penser que l’adversaire est définitivement à terre avant de démontrer que rien n’est fait. Demandez à Talleres. Trois jours après la défaite concédée au Kempes face au leader, la T jouait en grande partie ses rêves de titre en se déplaçant à la Fortaleza, antre de l’un de ses poursuivants directs, Lanús. Les hommes de Medina ont ainsi longtemps cru avoir mis KO un Granate rapidement dépassé. Emmené par un Michael Santos de tous les bons coups, Talleres a frappé fort, à trois reprises, en même pas une demi-heure. Deux penalties, notamment un gratté par l’avant-centre uruguayen, un enchaînement de grande classe du n°9 auteur d’un doublé, à 3-0, Talleres avait donc assommé un adversaire que l’on pensait définitivement à terre. C’était sans compter sur deux tournants : l’erreur d’une T trop passive qui laissait José López tranquillement pénétrer plein axe et placer une frappe croisée hors de portée de Guido Herrera, le double changement procédé par Luis Zubeldía dans la foulée. Bernabei et Matías Esquivel entraient en jeu, Lanús se trouvait un nouvel équilibre et surtout se réveillait au fil des minutes, le second acte était quasiment à sens unique avec notamment un Malcorra couloir gauche à l’origine de tous les dangers. Et de KO, il n’y en eut donc pas : López s’offrait un doublé, l’immortel Pepe Sand faisait trembler les filets à cinq minutes de la fin, Lanús décrochait le nul chez lui et semblait enterrer les espoirs de titre de Talleres en même temps que les siens.

Le KO était aussi à l’ordre du jour aussi à Liniers où Vélez accueillait Boca avec, pour le vaincu, l’envol quasi définitif des rêves de titre. Et pour le vainqueur sans doute aussi. Car sur le terrain du Fortín, Boca a d’abord choisi (ou pas totalement) de défendre et espérer le contre. Avec une statistique terrible à la pause, 71 de ses 282 ballons avaient été joués dans le camp de Vélez, quasiment aucun dans les trente derniers mètres. Boca s’est retrouvé totalement dépassé dans les couloirs, profitant seulement du manque de profondeur de Vélez pour ne pas se retrouver trop en danger. Mais a dû concéder l’ouverture du score sur un golazo de Mancuello. Incapable de réagir durant le premier acte, une seule frappe, non cadrée de Pavón, Boca a tenté de réagir en seconde, Battaglia changeant son système et ses hommes pour essayer de gérer l’infériorité systématique au milieu. Mais cela n’a pas fonctionné, Vélez a su fermer les espaces, attendre son heure, Tarragona pliant définitivement l’affaire dans les ultimes instants. De quoi donc mettre Boca KO avec lui.

Car devant, il est un intouchable nommé River Plate. Marcelo Gallardo avait souvent vu en Gabriel Milito une sorte de bête noire, l’un des rares à savoir lui résister. Il n’en fut rien au Monumental lors de l’avant-dernier match du week-end. Totalement asphyxié, Argentinos Juniors n’a jamais eu ne serait-ce que l’impression d’exister en première période face à un River tellement sûr de son collectif, de son jeu. Les Millonarios ont pressé haut, comme toujours, n’ont cessé d’aspirer tous les ballons et enchaîné les phases de possessions impressionnantes qui en font une équipe au-dessus de la mêlée. Il a tout de même fallu attendre un golazo de Zuculini pour que le Millo concrétise cette outrageante domination au score, rentre aux vestiaires en tête sans avoir pourtant totalement assommé le Bicho. Le KO arrivait en deux minutes, peu avant l’heure de jeu alors qu’Argentinos, qui avait modifié ses plans, avait su se montrer plus dangereux sur les dix premières minutes du second acte. Un KO mené en deux temps, sur deux actions similaires : passe millimétrée d’un Palavecino gallardesque vers le duo Romero – Álvarez. Le premier servait le second à la 57e, l’inverse de produisait dans la minute suivante, dans les deux cas, le buteur n’avait plus qu’à pousser le ballon dans les cages vides. La suite n’a été que gestion d’un River parfait de maîtrise et qui aurait même pu inscrire d’autres buts, notamment si Carrascal avait compris que la force de ce Millo ne réside pas dans ses individualités mais dans son sens du collectif. Qu’importe, River Plate écrase Argentinos au Monumental, une première dans l’ère Gallardo qui bat un nouveau record, huit victoires consécutives, et compte désormais neuf points d’avance sur Talleres, onze sur Vélez et Lanús, douze sur Boca. Alors qu’il ne reste que sept journées, le KO ne semble finalement plus très loin.

Les buts

Résultats

Gimnasia 2 – 2 Central Córdoba

Defensa y Justicia 2 – 1 Platense

Rosario Central 2 – 1 Racing

Godoy Cruz 2 – 1 Banfield

Colón 2 – 1 Estudiantes

Huracán 2 – 1 San Lorenzo

Vélez Sársfield 2 – 0 Boca Juniors

Sarmiento 2 – 1 Newell's Old Boys

Aldosivi 2 – 1 Arsenal

Lanús 3 – 3 Talleres

Atlético Tucumán 2 – 2 Patronato

River Plate 3 – 0 Argentinos Juniors

Independiente 1 – 0 Unión

Classement

argentine

 

Photo : 2021 Getty Images

Nicolas Cougot
Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.